mercredi 3 juin 2009

Un soir dans le jardin

21h41

Les oiseaux n'ont pas fini de chanter dans le jardin.
Chaque soir, maintenant depuis quelque temps, je fais le tour du jardin et m'installe à un endroit ou à un autre de celui-ci.
C'est nouveau pour moi, cette sensation d'espace à domicile. Profiter du calme autour d'une des tables posées sur la terrase, derrière la maison. Jeter un coup d'œil, au détour d'un article sur la culture hip-hop au Nigéria, sur la progression de la floraison des rosiers ; ou, après avoir survolé le dossier consacré à l'anniversaire du 4 juin 1989, je me dis qu'il faudra bien que j'aille emprunter cette masse à Benoît pour venir à bout des buches d'au moins 1 mètre de circonférence qu'il me reste à fendre; puis, alors que j'avale la dernière gorgée de mon café désormais refroidi (mais ne sont-ce pas là ces gorgées acres qui font aussi la saveur du café), je me lève pour aller faire quelques pas sur la pelouse et voir l'avancement des fruits, notamment. Les pommes, les poires et les pèches sont en forme maintenant et ont commencé leur développement de fruits. L'un de nos cerisiers lâche des dizaines de cerises chaque jour. Peu importe que ses branches soient fragiles, il suffit de se baisser pour rammasser les plus mures, et, finalement, les meilleures.
Ce soir, c'est vers le haut du jardin, et vers le massif qui en constitue le premier plan avant de laisser place aux pommiers, aux framboisiers et aux plans de tomate, que mes pas m'ont guidé.
C'est là que j'avais fini mon arrosage, ce matin, juste au moment ou ma chère mère arrivait avec, dans un sac, quelques nouveaux plans de tomates, justement. Je déplorai à nouveau que la bande de terre que j'avais déjà retourné pour laisser la place à de petites cultures, ne soit déjà recouverte d'un tapis vert, composé d'herbes en tout genre. Nous entreprîmes alors de nettoyer cela. Sa venue m'en fournissait l'occasion, satisfaisant mon envie de rester là, plutôt que d'aller m'enfermer dans la Saint Barbe à taper les poutres pour en faire tomber la poussière et la sciure. Sombre perspective par une si belle journée, s'il en fut !
J'avais déjà remarqué ces plants de grandes feuilles vertes qui s'épanouissaient auprès de l'un de mes vieux rosiers, au bord sud du massif, en me demandant s'il convenait de leur laisser toute cette place. Cependant, la méconnaissance générale dans laquelle je me trouve face au monde végétal, d'une façon générale, a été à la naissance d'un principe d'action que je tiens pour acquis d'ici la fin de l'année : attendons de voir ce que ça donne... pour entreprendre des travaux par trop "définitifs". Et, en l'occurence, ma chère mère me fit remarquer que ces acanthes avaient belle allure.
<< - Bon ... , pensais-je tout bas. Mais je ne voyais pas encore trace de fleurs et je ne pouvais rien me figurer sauf que cette plante sert de marque commerciale à l'un des gros groupes immobilier de la région. Quelle ne fut pas ma surprise, ce soir, de découvrir les premières éclosions de fleurs... Comme je ne me lasse pas d'être pris en défaut par certain rosier qui me laisse apercevoir de nouvelles roses chaque jour... Comment vais-je m'y prendre pour que mes hôtes de passage savourent aussi cet espace ? Le petit déjeuner servi ce we sur les tables du jardin a déjà été une révélation en soi : les enfants sont partis rapidement en exploration, et la balançoire elle-même a séduit une femme qui se trouvait là. Il faut sans doute que je finisse par trouver ce banc qui, situé dans ce hâvre de la maison, fournira sans doute un lieu plus aisé de destination, pour quelques instants de repos et de détente; comme je les apprécie déjà moi-même, mais allongé les pieds nus au contact de l'herbe...