samedi 1 février 2014

Une ballade au bord de la mer

NSC Bose Street, le 1er février





Aujourd'hui, c'est jour de "strike". Tous les magasins à Pondi sont fermés de 6h à 18h. Je n'ai pas réussi à déterminer exactement la raison, si ce n'est la rumeur d'une tentative d'attentat contre le gouverneur, comme élément déclencheur. Heureusement, nous avons pu trouvé un "tea stall" afin de nous sustenter en prenant moultes idlis et autres vadas. Compte tenu de la présence policière plutôt imposante, nous avons renoncer à louer les scooters. Nous espérions pourtant retourner dans le village de pécheurs, découvert deux jours plus tôt. Nous avions vaguement rendez-vous avec l'un d'entre eux pour un déjeuner chez lui. 


La pression commençait a devenir insupportable : les enfants, et Marguerite en particulier, ne cessaient de revenir sur cette histoire de motos que nous devions louer. Ils ne semblent pas avoir les mêmes réticences que nous pour affronter la circulation, a fortiori avec eux à bord et sans permis de conduire en plus. Mais l'Inde fait encore partie de ces contrées ou le contrôle policier peut être bravé par l'entremise d'un billet de 1000 Rs. Nous sommes donc partis gaiement vers le nord, à la recherche d'une plage déserte, ou d'une guest house qui aurait pu servir de cadre à nos dernières journées.  
Au bout d'une vingtaine de km, nous avons donc pris une petite route sur la droite, en direction de la mer. On circule au milieu de vagues cahutes, en appréciant les ustensiles de fer blanc et autres fours en terre qui servent à la cuisine. Plus loin, nous tombons sur une piste qui longe un long mur recouvert de tessons de bouteilles. Finalement, nous retrouvons un semblant de bitume à l'orée d'un village que nous traversons au ralenti. Attirés par le bruit des vagues, nous terminons notre course au bord de l'eau, là où les pécheurs échouent leurs bateaux. Nous sommes seuls, en dehors des quelques hommes qui réparent leurs filets, à l'ombre d'un abri. La plage est comme vierge, bordés de cocotiers et de résineux. 












Une longue baignade s'ensuit, prolongée par une bonne cuisson au soleil. Il est bientôt l'heure du déjeuner. Le moment est plutôt bien choisi pour aller voir ce que les pécheurs ont ramené, et, éventuellement, de se faire préparer quelque chose. Je découvre de beaux calamars dans un seau, à proximité du dernier bateau arrivé. L'un des hommes présents se montre plus facile d'accès, même s'il ne parle pas un mot d'anglais. Passée une demi heure, nous devons pourtant renoncer à cette belle perspective, sa femme ayant été retenue à Pondi. Nous décidons de rentrer, avec l'intention de revenir profiter de cette belle ambiance. 
L'atmosphère régnant dans ce village est si calme, seulement ponctuée par les rires des enfants et le bruit du ressac. Ni voitures ni rickshaws, simplement des vélos et quelques motos. Et une petite maison à louer, qui a immédiatement nourri mes fantasmes. 

Quoi qu'il en soit, le moment est vraiment venu de rentrer. Nous réalisons que ces presque 5 heures passées au soleil, malgré la crème, nous ont complètement cuit. Nous poursuivons malgré tout notre aventure en explorant les petites routes qui longent le littoral, reliant les hameaux les uns avec les autres, loin de la route principale. La fatigue autant que la faim nous oblige à presser l'allure pour revenir à la maison. Marguerite s'endort sur le scooter, maintenue solidement par Hortense.

Après une sieste réparatrice, nous décidons d'aller prendre l'air du coté de la digue. Là, nous tombons sur un spectacle de danse, qui doit s'apparenter à un gala. Nous restons un moment à profiter de ces quelques morceaux de Barathanatiam. Séverine entraîne Marguerite dans les coulisses ou le spectacle est évidemment plus saisissant par les échanges qui sont rendus possibles avec les danseuses.



Une journée n'était pas de trop pour récupérer de nos coups de soleil et pour faire le pied de grue à la poste pour envoyer notre colis. Trop de babioles achetés de ci de là ! Les bonnets et les chaussons en grosse laine de Dharmsala, les statues de ganesh en faience, les saris et autres tissus nous auraient trop encombré pour la suite. Et même si nous avons commencé à nous délester du superflus en faisant quelques paquets en quittant Puri, nos sacs sont encore trop lourds à mon goût.



Ville morte donc, aujourd'hui. Notre marche matinale fini par ressembler à une errance. On imagine alors une journée de travail pour compenser les premiers jours au Sri Lanka, qui risquent d'être trop en mouvement pour s'attarder aux devoirs scolaires. Ce faisant, en passant devant une station de taxis, je m’enquiers des prix pour nous rendre dans le village. Comme cela nous revient au même prix, nous investissons cette belle Ambassador (expérience qui nous manquait), passons par la maison et repartons immédiatement. 
Arrivés à destination, alors que Séverine et les enfants s'en vont se baigner, je pars à la recherche de mon pécheur. J'arpente les ruelles, propres, chaque seuil de maison étant décoré d'un mandala. Rien à voir avec les égouts à ciel ouvert du village de Puri, où la pauvreté suintait de tous les regards. Là, je découvre des visages ouverts, francs et rieurs. Le temple est imposant pour une si petite communauté, presque extravaguant au regard de la pauvre case qui abritait le linguam de la plage devant le Pink House. Ici, les bateaux sont tirés avec un tracteur alors que la force de 4 hommes servait à cet effet là-bas. Enfin, deux grands abris spacieux, en ciment, offrent un lieu de travail pour la réparation des filets et un espace où les hommes se retrouvent. Mais je ne retrouve pas mon homme. Au fil de mes rencontres, je réitère ma demande de trouver une maison où déjeuner. Bon, ce n'est évidemment pas aussi franc que ça, dans la mesure ou personne ne parle anglais, hormis quelques mots, parfois.
Je finis par rentrer dans une maison, guidé par le propriétaire et accompagné par plusieurs enfants rieurs.



On me présente le poisson au curry qu'on pourrait nous servir. Je goûte la sauce et en apprécie la force autant que la saveur. La simplicité de l'accueil autant que la surprise manifeste de mes interlocuteurs m'enchantent et je rejoins vite la tribu pour leur annoncer la nouvelle. 
Une bonne baignade, de beaux coquillages et nous voilà partis.

Les deux heures qui suivent sont une perle de bonheur. Assis sur le sol, appréciant à sa juste valeur les mets qui nous sont proposés, et qui manqueront peut-être au repas de nos hôtes. La gentillesse et la prévenance de Surya, la maîtresse de maison, lorsqu'elle verse de l'eau sur nos mains pour les laver, ne lésinant pas sur les portions de riz ou de poissons, apportant du lait à la coriandre pour Marguerite... Elle parle quelques mots d'anglais, alors que son mari nous parle en tamoul, à toute vitesse. Mais c'est lui qui nous propose du lait de coco, tiré de noix qu'ils va décrocher dans le cocotier qui occupe une grande place de la petite arrière cour. 
Nous n'avons rien convenu pour notre contribution, alors même que je leur ai quasi imposé notre présence. L'incongruité de cette situation nous apparaît véritablement lorsque Surya, pour répondre à ma demande, nous dit qu'elle préférerait nous inviter. C'est peut être pour la forme, mais nous avons trop souvent rencontré des personnes, gentilles au demeurant, mais travaillant avec les touristes et vendant ce type de prestation. Il allait de soit que, outre la belle pastèque que nous leur avons offert en arrivant, nous ne soyons pas prodigues de nos roupies.
Et pour que ce plaisir soit rassasié, nous décidons de revenir pour un autre déjeuner.
 

 



Régulièrement, le long de la route qui borde la plage, nous voyons cette pancarte dont nous imaginons qu'elle averti des risques de submersion. Petit clin d'oeil à tous ceux qui profitent ou subissent les grandes marées de ce we