Affichage des articles dont le libellé est Thaïlande Chiang Maï. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thaïlande Chiang Maï. Afficher tous les articles

mardi 17 janvier 2012

De la guerre, de ses séquelles et autres...







On ne saurait visiter le Laos, le Vietnam ou le Cambodge sans être confronté à l'horreur de la guerre. On ne me tiendra pas rigueur des inexactitudes historiques de mon propos, qui ne se veut pas une leçon. Retenons qu'à la fin des années 60, le Laos jouit d'un statut qui lui confère normalement une forme de neutralité vis à vis du conflit vietnamien. Les Etats Unis ont supplanté la France, défaite à la bataille de Dien Bien Phu en 1954, et entretiennent un gouvernement fantoche au Sud Vietnam. Ho Chi Minh, leader charismatique, nationaliste et communiste œuvre déjà pour la réunification de son pays, soutenu par l'URSS. On assiste à un conflit indirect entre les deux super puissances de l'époque. Afin de contourner la frontière du centre Vietnam, les Viet congs du nord, défrichent dans la jungle qui borde la frontière, coté Laos, une piste qui leur permet de descendre armes et soldats. C'est en particulier cette voie que les Etats Unis vont bombarder massivement jusqu'en 1975, avec des bombes à fragmentation et du napalm. Ce n'est pas tout, les bombardiers avaient ordre de rentrer à vide de leurs missions, si bien qu'ils larguaient tout ce qui leur restait parfois à leur retour vers les porte avions, sans cibles particulières.
Ce sont en tout plus de 2 millions de tonnes d'explosifs qui seront déversés sur ce petit pays, ce qui lui vaut de détenir le record en termes de quantité. D'après ce que nous avons compris au petit musée qui jouxte le centre de rééducation des blessés par les mines anti personnelles, c'est plus que ce qui a été reçu par le Japon et l'Allemagne réunies pendant la seconde guerre mondiale.
On considère quà l'issue du conflit, environ 30% des bombes n'ont pas explosé. Elles tuent donc encore aujourd'hui,malgré les campagnes de prévention.

Et en franchissant la frontière, nous serons confrontés à une autre folie humaine : l'Angkar, la politique menée par Pol Pot et ses khmers rouges, qui a abouti à l'anéantissement d'un cinquième de la population en moins de cinq ans : 1 million de personnes tuées dans le cadre d'une folie meutrière sans nom.
On a peine à croire, vu la gentillesse et le sourire omniprésent qui se dessine sur le visage de tous ceux que nous croisons que ces lieux aient pu vivre une telle expérience il y si peu de temps.

Quoi qu'il en soit, cette visite nous permit de plonger directement au cœur de cette réalité, d'autant que nous rencontrons dans l'enceinte des locaux, des enfants en fauteuil ou d'autres sur des béquilles...




Nous n'oublions pas les marchés, encore différents de ce que nous avions vu auparavant. Nous sommes dans une capitale, et même si sa population ne dépasse pas 350 000 habitants, elle est pourvue d'assez grandes halles. Les deux principales sont à proximité de la maison. L'une est dédiée à l'artisanat et aux produits manufacturés, l'autre séparée par la grande station de bus, regroupe les espaces alimentaires. Ces deux marchés sont mythiques. La littérature regorge d'allusions à ces étals d'écorces et de tabacs, d'artisanat venus de tout le Laos. Aujourd'hui, cependant, on ne peut qu'être déçus. Je m'attendais à une grande variété de produits, et force m'est de constater que l'artisanat se réduit à des tissus qui seront majoritairement dédiés aux touristes ou à des biens d'équipement électoménagers et électroniques. Je ne suis pas là pour ça. Le deuxième est plus attrayant. Toutefois, il est en pleine rénovation et les nouveaux batiments sont loins d'être terminés ; les travaux sont d'ailleurs au point mort. Du coup, ce vaste chantier de fondations en béton sur deux étages est entouré d'une immense structure plus ou moins précaire, faite de baches et de toles ; en attendant mieux. L'accueil, comme je l'ai déjà mentionné, est néanmoins sympathique. Pourtant, je n'y retournerais pas.





Nous poursuivons la préparation de notre séjour au Cambodge, en commençant par les visas. Nous gardons un mauvais souvenir des multiples formulaires à remplir au poste frontière, et préfèrons nous y prendre à l'avance. Nous avons la chance de rencontrer plusieurs voyageurs qui nous donnent transmettent leurs impressions sur les guesthouses, sur les villes qu'ils ont traversées, et sur les moyens de transport pour s'y rendre. Malgré des avis contradictoires sur Koh Chang, notre destination finale en Thaïlande, nous décidons de persister. Alentour, d'autres iles ont l'air assez séduisantes, mais souvent trop petites pour des séjours d'une semaine.

Nous venons d'ailleurs de passer la moitié de notre séjour. Compte tenu des étapes que nous avons rajoutées, j'ai du faire le décompte des jours. Il me semble que l'avion du retour est presque pour demain.
Il ne se passe pas une journée sans que nous réalisions le bonheur d'être tous ensemble, ici. Chaque jour apporte son lot de petits plaisirs, si profondément liés à au voyage. 










jeudi 5 janvier 2012

Le voyage de Séverine


Les premières phrases que j'ai lues en démarrant ce périple, je les ai trouvées dans une revue ramassée dans l'avion. J'ai envie de vous retranscrire quelques phrases de ce texte, écrit par Sylvain Tesson, in « Le sens du voyage » :
« Le voyage invite à conquérir l'essentiel. Le plus court chemin vers soi-même conduit d'abord autour du monde. Qu'est ce que l'essentiel ? C'est de ne pas rater notre rendez-vous avec nous-mêmes, avec le temps, avec l'espace, avec les autres. Voyager offre à s'amender. En voyage, on se frotte l'âme et le corps. Partir décape. Le mouvement métamorphose les âmes vagabondes. Voyager inspire. Les tourments s'évaporent et les pensées affluent. Quand on cherche une idée, ne se lève-t-on pas poru faire les cent pas ? Vous voilà libres comme l'air, le temps se dilate. Au retour il vous semble avoir vécu une existence entière.
En voyage, l'insignifiant se fait essentiel. Partir, c'est vivre beaucoup. »






En lisant ces lignes, j'ai à nouveau réalisé la chance que nous avions de vivre une telle expérience avec nos quatre enfants. Nous sommes exposés au hasard, à l'inattendu, à l'imprévu ; cela réclame de s'adapter à chaque instant au lieu et aux situations que nous traversons. Cela soude la famille en la destabilisant en même temps. Sortir de notre routine et de nos existences personnelles décuple nos sensations, nous sort de notre torpeur. Les enfants de leur coté nous ouvrent les yeux avec leurs regards plein de fraîcheur et de curiosité sur le monde et sur les gens. Toutes les différences que nous rencontrons nous incitent à la tolérance, à l'ouverture d'esprit et leur fait prendre conscience de la beauté du monde. Le monde est plus proche quand on le parcourt de cette manière, nous semble-t-il.
Par ailleurs, les enfants nos permettent d'être accueillis autrement. Nous nous retrouvons dans une situation de réciprocité ou nous allons autant vers eux qu'ils viennent spontanément vers nous, via Marguerite principalement.






Le voyage a commencé pour moi il y a longtemps avec la préparation logistique : les vaccins, l'organisation des bagages, les trousses à pharmacie (3 âges différents), et surtout Marguerite. Elle est la plus petite, mais elle prend le plus de place : baby-cook, pour lui composer des repas équillibrés et sains, le lit-tente-moustiquaire, les couches, le lait, le sac à dos, la poussette, sans oublier le goupillon, les biberons, l'économe, le produit vaisselle, les bacs en plastique pour stériliser les biberons. Sans oublier tout le chapitre relatif à la scolarité en essayant de s'organiser pour que les cartables soient les moins encombrants possibles.
Maintenant, au quotidien, dès que nous nous déplaçons, il faut réorganiser les sacs, les ranger et se souvenir de la place attribuée à chaque chose (4 gros sacs, 5 petits sacs à dos, la poussette et Marguerite...). J'en perds parfois les pédales.

Heureusement, Marguerite est très facile : elle dort n'importe ou, même dans les tük-tüks, elle ne peut passer un repas avec nous sans vouloir gouter à tout ce que nous mangeons (heureusement la plupart des plats ne sont pas épicés ; c'est à chacun de le faire à sa façon). Quelle joie de l'avoir collée à soi toute la journée, et chacun en profite.
Hortense n'est plus la petite dernière qui jouissait de cette attention, lorsque nous étions en Inde. Elle en souffre un peu, s'autant que ses frères la taquinent sans arrêt. Néanmoins, elle suit sans broncher et ne se plaint jamais. A Chiang Maï, nous avons tous été nous faire masser à la prison pendant une heure et elle a savouré ce moment, et envisage maintenant de devenir masseuse.
Théodore est sans doute le plus sensible à l'inconnu et aux mousqtiques. Heureusement, plus de peur que de mal : on pensait être attaqué par des hordes, mais pour le moment, rien du tout. Il est tranquille et souriant.
Quant à Edgar, il a enfin décroché de son environnement pour se reconnecter avec lui-même et profiter pleinement de ce voyage. Ce qui nous réjouit pas mal. Il fait des progrès en anglais : hier soir, il s'atablait avec des chinois au marché pour déguster son plat et répondre aux questions de ses voisins.






Tous nos sens sont en éveil. C'est d'abord et avant tout notre vie de famille qui en est le centre, cependant, nous sommes ensemble focalisés sur les découvertes culinaires. On nous interpelle très souvent sur deux choses : les locaux sont étonnés de nous voir avec quatre enfants, et les voyageurs, de leur coté, nous demandent quel effet ça fait de voayger avec cette meute. Juste une réponse : que du bonheur, et je suis très fière. Le rythme de croisière est pris, en espèrant que le voyage se poursuive aussi bien.

Posted by Picasa

mercredi 4 janvier 2012

Huay Xay, frontière Laos, 1er janvier 2012



Une journée de bus, pour arriver à Chiang Khong, où nous pensions dormir. Nous découvrons la campagne thaïlandaise, ses rizières bien entretenues sur un relief valonné. La récolte est récente et les plants séchés sont brulés pour apporter des nutriments à la terre. Après cela, les rizières sont innondées et préparées pour le prochain ensemencement. Contrairement à Bali ou en Inde, tout ce travail est réalisé à l'aide de machines. Nous verrons d'ailleurs plusieurs tracteurs adaptés à ces travaux. Alors que nous nous dirigeons vers le nord, nous distinguons de mieux en meiux la chaine annamitique, au pied duquel coule le Mae Kong.





A l'arrivée démarre un marathon : je réalise que si nous voulons attraper un bateau demain matin, il nous faut franchir le Mékong au plus tôt, et donc franchir les deux postes de douane de part et d'autres du fleuve. Les deux douaniers n'ont de sourires que pour Marguerite. A l'instar de plusieurs postes frontières, il faut passer devant l'appareil photo, mais contrairement à celui de JFK Airport, les thaïs exigent que vous souriez.
Nous reprenons ensuite notre bardas pour embarquer sur le premier bateau qui se présente. Et nous profitons de retrouver le contact de l'eau. Comme nous allons passer les deux prochains jours sur le fleuve, je ne m'étendrais pas sur sa description. Reste que cette arrivée en fin d'après midi au Laos par ce poste frontière, où nous découvrons les premiers terrains de pétanque, est très marquant. La bourgade qui flanque ces rives ne vit que par le transit des touristes, et nous avons vite fait, une fois affranchies les formalités d'immigration (un peu lourde avec ces formulaires qu'il faut remplir pour nous six), de trouver une guest house. Le prix des deux chambres est dérisoire, et la propriétaire délicieuse, qui mélange le français et l'anglais. Pour la première fois, je retrouve le plaisir de la négociation pour arrêter le prix des billets du transport en bateau.
De fait, l'atmosphère est déjà très différente ici qu'en Thaïlande, et les premières impressions sont excellentes.
J'ai été passé commande des sandwichs pour le déjeuner en bateau. Nous allons retrouver des saveurs que nous avons connu au Vietnam : baguette, Vache qui Rit, carottes, salade, cocombre, piment et poulet... Beer Lao, petites bananes (qui constituent déjà nos fruits les plus courant), le tout servi dans des lunch box en polystirène afin de garder la fraicheur. Service impeccable.

Happy new year again to everybody!!
Posted by Picasa

samedi 31 décembre 2011

Chiang Maï - last day !

Le panneau qui est là signifie : "sortie"






Car nous sommes le 31 ! Ce soir nous allons dire adieu à cette année 2011. Une bonne année pour nous, bien chargée avec l'arrivée de Marguerite et les derniers chantiers de rénovation de la maison. Avec ce voyage en Asie, nous refermons un chapitre qui nous aura occupé depuis l'expédition en Inde. Quatre ans pendant lesquels nous nous sommes consacrés à la maison, pendant lesquels les enfants ont grandi et nous vieilli.

Ce soir, c'est la fête : une grande scène a été érigée sur les bords des douves. Des écrans géants diffusent des images des chanteurs et des animations graphiques pour exprimer les voeux de Chiang Maï. Les rues avoisinantes sont bloquées et envahies de marchands; toutes sortes de nourritures sont disponibles à profusion; la musique inonde les trottoirs au gré des bars et restaurants qui  se succèdent. Le long des douves, on achète pour quelques baths des lampions géants. On les tient d'abord pour que l'air chaud leur permette de s'envoler vers le ciel, qui est maintenant constellé d'étoiles qui bientôt s'éteignent.... Dans quinze minutes, les douze coups de minuit sonneront et des pluies de pétards et autres feux d'artifices réveilleront probablement Marguerite. Yeepeeeee !!

Pour cette dernière journée, nous nous sommes rendus dans les restaurants qui nous ont le plus marqués, avec une mention toute spéciale pour ce vietnamien dans lequel nous avons goûté tous les plats de la carte ; hot salad mango, fried mieng, le pho absolument délicieux (le bouillon étant servi à part), hot lemon grass salad, et j'en passe.


On retiendra aussi la culture du café, qui semble faire partie des rituels ici. On a évité les Starbucks pour se concentrer sur des coffee shop dans lesquels les enfants ont découvert le café au lait glacé et différentes variétés de thé glacé. Evidemment, nous ne faisons plus attention aux glaçons, qui refroidissent agréablement nos boissons, jusqu'à la Singha Beer !
Mention spéciale pour le Coffee Republic, un vieux Dodge tellement bien aménagé avec son percolateur et sa déco "so nice"




A côtoyer les enfants, j'ai l'impression que nous ressemblons déjà à ça, mais c'est pas si mal.



C'était une première semaine, pleine d'ajustements, pas si sereine que ce à quoi je m'attendais. Et c'est vrai pour chacun d'entre nous, hormis pour Marguerite qui jouit toujours d'une attention constante de la part de tous, y compris de nos hôtes. Bref, nous nous retrouvons peu à peu, jouissant de cette intimité dans un environnement que nous savons nous appropriés je crois; essayant de profiter de ces instants qui ne dureront pas mais qui resteront, je l'espère, gravés dans nos mémoires comme ceux d'une grande complicité.

Nous avons fixé les modalités du programme des prochains jours. Nous avons rejeté la formule du package qui nous aurait permis de voyager "organisé" jusqu'à Luang Prabang et préféré l'inconnu des étapes. Une concession toutefois avec l'option du mini bus pour nous rendre demain à la frontière au lieu du bus standard. Une fois sur place, trouver un logement avant de franchir le Mékong, obtenir les visas et des billets pour embarquer sur un "slow boat", qui nous emmènera à Luang Prabang en deux jours. 

Heureusement, nous avons pu réserver une guest house en arrivant là bas, pour deux jours, afin de voir venir.

Le moment est suffisamment singulier, vu d'ici, pour exprimer le bonheur que nous avons aussi à parsemer nos marches de pensées pour les uns et les autres. Ce n'est pas un vain mot, ce soir, loin de tous, que de vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année


Posted by Picasa