jeudi 5 janvier 2012

Le voyage de Séverine


Les premières phrases que j'ai lues en démarrant ce périple, je les ai trouvées dans une revue ramassée dans l'avion. J'ai envie de vous retranscrire quelques phrases de ce texte, écrit par Sylvain Tesson, in « Le sens du voyage » :
« Le voyage invite à conquérir l'essentiel. Le plus court chemin vers soi-même conduit d'abord autour du monde. Qu'est ce que l'essentiel ? C'est de ne pas rater notre rendez-vous avec nous-mêmes, avec le temps, avec l'espace, avec les autres. Voyager offre à s'amender. En voyage, on se frotte l'âme et le corps. Partir décape. Le mouvement métamorphose les âmes vagabondes. Voyager inspire. Les tourments s'évaporent et les pensées affluent. Quand on cherche une idée, ne se lève-t-on pas poru faire les cent pas ? Vous voilà libres comme l'air, le temps se dilate. Au retour il vous semble avoir vécu une existence entière.
En voyage, l'insignifiant se fait essentiel. Partir, c'est vivre beaucoup. »






En lisant ces lignes, j'ai à nouveau réalisé la chance que nous avions de vivre une telle expérience avec nos quatre enfants. Nous sommes exposés au hasard, à l'inattendu, à l'imprévu ; cela réclame de s'adapter à chaque instant au lieu et aux situations que nous traversons. Cela soude la famille en la destabilisant en même temps. Sortir de notre routine et de nos existences personnelles décuple nos sensations, nous sort de notre torpeur. Les enfants de leur coté nous ouvrent les yeux avec leurs regards plein de fraîcheur et de curiosité sur le monde et sur les gens. Toutes les différences que nous rencontrons nous incitent à la tolérance, à l'ouverture d'esprit et leur fait prendre conscience de la beauté du monde. Le monde est plus proche quand on le parcourt de cette manière, nous semble-t-il.
Par ailleurs, les enfants nos permettent d'être accueillis autrement. Nous nous retrouvons dans une situation de réciprocité ou nous allons autant vers eux qu'ils viennent spontanément vers nous, via Marguerite principalement.






Le voyage a commencé pour moi il y a longtemps avec la préparation logistique : les vaccins, l'organisation des bagages, les trousses à pharmacie (3 âges différents), et surtout Marguerite. Elle est la plus petite, mais elle prend le plus de place : baby-cook, pour lui composer des repas équillibrés et sains, le lit-tente-moustiquaire, les couches, le lait, le sac à dos, la poussette, sans oublier le goupillon, les biberons, l'économe, le produit vaisselle, les bacs en plastique pour stériliser les biberons. Sans oublier tout le chapitre relatif à la scolarité en essayant de s'organiser pour que les cartables soient les moins encombrants possibles.
Maintenant, au quotidien, dès que nous nous déplaçons, il faut réorganiser les sacs, les ranger et se souvenir de la place attribuée à chaque chose (4 gros sacs, 5 petits sacs à dos, la poussette et Marguerite...). J'en perds parfois les pédales.

Heureusement, Marguerite est très facile : elle dort n'importe ou, même dans les tük-tüks, elle ne peut passer un repas avec nous sans vouloir gouter à tout ce que nous mangeons (heureusement la plupart des plats ne sont pas épicés ; c'est à chacun de le faire à sa façon). Quelle joie de l'avoir collée à soi toute la journée, et chacun en profite.
Hortense n'est plus la petite dernière qui jouissait de cette attention, lorsque nous étions en Inde. Elle en souffre un peu, s'autant que ses frères la taquinent sans arrêt. Néanmoins, elle suit sans broncher et ne se plaint jamais. A Chiang Maï, nous avons tous été nous faire masser à la prison pendant une heure et elle a savouré ce moment, et envisage maintenant de devenir masseuse.
Théodore est sans doute le plus sensible à l'inconnu et aux mousqtiques. Heureusement, plus de peur que de mal : on pensait être attaqué par des hordes, mais pour le moment, rien du tout. Il est tranquille et souriant.
Quant à Edgar, il a enfin décroché de son environnement pour se reconnecter avec lui-même et profiter pleinement de ce voyage. Ce qui nous réjouit pas mal. Il fait des progrès en anglais : hier soir, il s'atablait avec des chinois au marché pour déguster son plat et répondre aux questions de ses voisins.






Tous nos sens sont en éveil. C'est d'abord et avant tout notre vie de famille qui en est le centre, cependant, nous sommes ensemble focalisés sur les découvertes culinaires. On nous interpelle très souvent sur deux choses : les locaux sont étonnés de nous voir avec quatre enfants, et les voyageurs, de leur coté, nous demandent quel effet ça fait de voayger avec cette meute. Juste une réponse : que du bonheur, et je suis très fière. Le rythme de croisière est pris, en espèrant que le voyage se poursuive aussi bien.

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