vendredi 24 janvier 2014

Un petit chez nous à Puducherry

Puducherry - adresse inconnue sur le canal







Merci à Jeff pour la photo : la bande réunie au complet au départ du Pink House, devant la chambre, avec tout le barda. Vu d'ici, tout ça à l'air bien léger; pourtant nous songeons à renvoyer un gros colis pour nous délester du surplus, sans compter les vêtements que nous avons apportés en trop. Un change suffit, en tout cas pour moi. 





Le restaurant typique qui nous attire : "south-indian veg", la plupart du temps, avec un service du matin jusqu'à 11h et un autre ensuite jusqu'au soir. Fréquemment les plats en sauce ne sont servis que le soir après 18h. L'accueil y est toujours sympathique, la nourriture excellente. 
On commence par aller se laver les mains; le repas est servi sur des feuilles de bananiers, et l'on retourne se laver afin de se débarrasser des restes qui collent à la main droite.
Du reste cette main finit par porter l'odeur persistante des épices... c'est l'odeur d'ici





L'alternative au restaurant se trouve dans la rue. Les Tchaï Daba offrent des idlis (galettes de riz vapeur) ainsi que des beignets aux légumes qui satisfont notre premier appétit. Pour moins d'un euro, tout le monde a pu se sustenter en plus du thé. 






Le sourire de ces lycéens correspond bien à l'accueil que nous avons reçu à Madras. Les commerçants n'hésitant pas à nous faire quelques menus cadeaux, une qualité de service comme nous n'en avions pas encore trouvée. 








En fin d'après midi, la plage, immense, s'anime. Les gargottes en tout genre s'ouvrent aux promeneurs. En longeant le rivage, nous croisons trois tortues échouées, comme à Puri. On imagine qu'elles ont confondu les sacs plastique avec les méduses ou margattes dont elles se nourrissent.




Malgré notre satisfaction, nous maintenons notre départ pour Pondicherry. Fait exceptionnel, tout se déroule à la seconde près sur le timing imaginé au départ. Le taxi qui vient nous prendre (on oublie le bus de ville) à l'hôtel enclenche le "meter" sans que nous ayons besoin de le réclamer. Nous débarquons trois quarts d'heure plus tard à la gare routière, qui n'a rien à envier aux plus grandes gares ferroviaires. Le hall est immense et innombrable les bus qui vont et viennent à partir des multiples quais de chargement. Nous n'y restons pas plus de 10mn, malheureusement. J'aurais bien aimé prendre le pouls de cet endroit, me laisser porter par le flux des voyageurs, rêver avec les destinations, être saisi par la beauté de tous ces personnages que l'on peut croiser dans ces lieux.
Làs, le contrôleur du bus, tel un camelot, attire les voyageurs au rythme des "Pondy !!" criés à tue tête pour que tout le monde l'entende au dessus de la mêlée.
Les 4 heures qui suivent sont avalées sans problème, malgré l'inconfort. Quelques scènes attirent de temps à autre notre attention, notamment un convoi funéraire. Des volées de fleurs jonchent la route sur son passage. Le chariot sur lequel est allongé le défunt est recouvert de guirlandes florales - les mêmes qui servent aux mariages.

L'arrivée s'avère plus compliquée. Notre guide, vieux de plus de 6 ans, est totalement dépassé. La chaleur nous contraint à prendre un rickshaw pour une première adresse, largement au-dessus de nos moyens. Séverine reste là avec les bagages pendant que nous commençons la quête du lieu idéal.
Ce serait une vraie guest house, et pas un hôtel, donc plutôt une maison familiale. Nous pourrions disposer d'un espace de vie, au mieux avec une cuisine. La situation nous permettrait de tout faire à pieds. Il faut donc rester dans le centre ville, si possible à proximité du quartier français, même si celui-ci ne nous sied guère pour le quotidien. Après deux autres essais infructueux, nous chassons le rickshaw, trop encombrant, et marchons au petit bonheur. Rue de la Bourdonnais, je découvre une guest parfaite. Mais occupée. Le garçon me demande de la suivre, après que lui ai expliqué notre recherche. Notre première destination est trop excentrée, mais sur le retour il s'arrête chez le propriétaire, qui dispose d'un petit appartement qui augmenté de deux matelas, nous conviendra parfaitement. 

A 18h30, nous avons trouvé notre hâvre pour la semaine à venir, et pouvons d'emblée commencer notre découverte. Puducherry est une ville à part. Du nord au sud, un canal à l'eau stagnante sépare le quartier français et le quartier indien. Là des avenues proprettes avec des restaurants plutôt chers fréquentés majoritairement par des séniors en villégiature, des antiquaires, des galeries et autres magasins tout beaux. De l'autre coté, l'effervescence reprend. Mais on y voit quand même un Subway, un KFC (qui a fait une entrée en force sur le marché indien), un Pizza Hut. A la nuit tombante, nous fuyons un restau french italian pour aller chercher un byriani.

Tout de même curieux de se retrouver dans un environnement ou le français est commun, ou l'on arpente la Rue Surcouf ou la Rue Mahe de la Bourdonnais; comme si nous étions à la maison...

Ce midi, orgie de bouquets et de calamars, achetés au marché. Exactement l'endroit qui nous séduit et que nous cherchons. Les commerçants n'ont pas fini de nous voir...




mercredi 22 janvier 2014





DSK Castle, Triplicane Road – Madras (Chennai)
Le 21

Arrivés en bon ordre à Madras, plus de 24h après avoir lever le camp du Pink House. Comme d'habitude, on s'imagine avoir tout bien régler. Finalement, alors qu'on s'engouffre dans la gare, certain de trouver bientôt l'indication de sont train et de son quai d'embarquement, on doit se résigner à une dose d'incertitude : le numéro du train n'existe pas sur le panneau général, et alors qu'on l'attend pour 17h30, l'heure passe qu'on ne sait toujours rien. L'arrêt étant très court, il nous faut courir pour accéder à notre voiture quand enfin, vers 19h, le train fait son entrée en gare.
Puri s'éloigne définitivement... la nuit nous enveloppe rapidement, et avec elle, le souvenir des rencontres et d'une douceur de vivre dont il a fallu s'arracher.
Nous quittons 25° et à peine 30% d'humidité, pour grimper à plus de 30° et 60%...
Comme c'est notre dernière véritable étape dans une grande ville indienne, Madras comptant aux alentours de 7 millions d'habitants tout de même, nous décidons d'y faire étape. Preuve que nous sommes en ville, le DSK (ce sont des initiales aussi, mais je goûte la touche d'humour ! ) abrite un bar. Il est néanmoins situé au premier étage, l'alcool n'étant pas ici du domaine public. L'opprobre reste grande, ce qui en limite l'usage. Cependant, les ravages sont nombreux dans les couches populaires, avec des breuvages souvent frelatés. La frénésie y est aussi présente. Notre rue, très passante, est bordé de trottoirs en travaux. La terre boueuse qui a été mise de coté afin de libérer les tranchées est maintenant plus ou moins tassée par les piétons et le motos qui s'encombrent au milieu de tout ce bazar. Séverine et les enfants remarquent  immédiatement les femmes voilées, et d'autres signes comme les sourates vendues à la place des habituels Shiva ou Ganesh, les couvre-chefs typiques de la culture musulmane. Quant à moi, je sens se rapprocher avec une vraie délectation le moment ou je vais recevoir mes bons biryani et autres thalis à ma table. Ce soir, après une bonne douche chaude bien méritée, nous étions déjà bien déterminés, affamés par 30h d'une nourriture chiche et éparse. Quelques tchaï et menus samosa servis dans le train, de petits paquets de chips, un kit-kat pour les enfants et une boite de tic-tac, les bananes constituant le meilleur apport. Aussi avons-nous lever le camp de notre premier choix pour atterrir dans quelque chose de plus fréquenté. Les poulets tikka qui rôtissaient à l'entrée annonçaient clairement la couleur. Malgré l'aspect un peu clinquant, dont nous nous méfions un peu, nous nous régalons d'une belle portion de poulet très relevé, d'une bonne mixt raïta pour l'adoucir et d'un convenable veg byriani. Il lui manque de la personnalité, à mon goût.
Cet épisode est remarquable tant il dénote par l'unanimité de l'appétit, et sur des plats bien toniques qui plus est. Une tablette de chocolat achetée un peu plus loin achève le festin.

Ce soir, nous songeons à cette nouvelle expérience ferroviaire. Passer une bonne vingtaine d'heures, voire beaucoup plus, dans un train, même en 3rd AC, c'est une bonne tranche de vie. Imaginez que les poubelles sont inexistantes, si bien que les détritus en tous genre s'accumulent tout au long du couloir. Les personnes sont plus ou moins ouvertes, mais d'une façon  générale, comme nous occupons une bonne partie du compartiment, c'est plutôt nous qu'on doit subir. Mais les enfants ne semblent pas surpris de la longueur de ces trajets, pendant lesquels le temps s'étire tellement qu'on se surprend à ne plus penser à l'heure d'arrivée. On s'étale en tous sens quand on a envie. On passe un moment à la porte de la voiture pour prendre l'air, ou 'on descend faire quelques pas et humer l'air quand le train s'arrête. On fait quelques devoirs, avec plus ou moins de récriminations portant sur l'intérêt de faire du travail scolaire à un tel moment... On essaie de dormir la nuit, en appréciant le respect du sommeil respecté par presque tous : on entend continuellement les sonneries de téléphone et une bonne partie du wagon, liée à cette classe moyenne qui compte plus en milliers qu'en centaines ou en dizaines de roupies, est scotchée à son téléphone pour y jouer, regarder des films, chatter sur bacebook, ou s'envoyer des photos et de la musique. L'addiction est encore plus frappante ici qu'elle contraste énormément avec le niveau global d'instruction et de développement. Néanmoins, les différences culturelles sont telles qu'il est difficile de cerner précisément les points d'impacts du consumérisme technologique.

Ce qui est certain en revanche, c'est le changement qui s'opère sous vos yeux. En trois voyages dans ce grand pays, j'ai assisté à cela. Forcément, car la pollution qui vous étouffe à Delhi, n'était pas à ce niveau là en 95. En 2008, internet et le cellulaire surtout étaient des marqueurs frappants du changement. Aujourd'hui, sur les sites touristiques où nous nous rendons, nous sommes presque toujours environnés d'une cohue de touristes indiens, qui ne sont plus seulement des pèlerins. Il est beaucoup d'endroits que vous auriez visité seul il y a encore quelques années, et dont l'environnement est maintenant formaté pour l'accueil massif, mais pas de TO européens.
Cependant, vous savez bien que les campagnes que vous traversez, qui filent à petite allure derrière votre vitre, ou du haut de votre porte, n'ont souvent pas accès à l'eau courante. Le portable y sera avant.


16h dans une rue non loin de l'hotel

Complique de trouver une connexion dans le quartier. Il fut laisser son passeport... Mais peu importe. Madras nous a reserve un tres bel accueil. Si ce n'etait l'hebergement, par trop citadin et ferme, je pense que nous nous serions laisse tentes par quelques jours ici. A suivre...

J'en profite quand meme pour remercier les nombreux messages de soutient a Hortense, et tous les autres, qui montrent que ces quelques mots jetes entre deux trains ne sont pas tout a fait vains...

Last day in Pink House (two days ago)


Les course en Rickhaws entre 50 et 100 Rs
Les repas entre 150 et 800 Rs pour 5
Les nuits à 1400 Rs pour les 2 chambres
La banane à 3 Rs, la bouteille d'eau à 15, le Tchaï entre 10 et 20
Les prix des objets en fonction de la tête du client : on divise par deux ou trois, en gardant en tête que notre échelle ce sont les euros, et pas les roupies. 2 ou 3 euros peuvent représenter une semaine de salaire voire plus pour certains. De fait, la décence impose de ne pas dépasser une certaine limite dans les négociations. L'exception concernera toujours les taxis d'aéroports ou à la sortie des bus et certains marchands, parce qu'ils le valent bien.
Total 20000 Rs pour 7 jours


Comparé aux autres résidents du Pink House, notre passage aura été de courte durée, mais suffisant. Malgré (ou à cause) d'une fragilité encore perceptible pour certains, nous avons maintenant hâte de retrouver Pondicherry, après une halte "prévue" à Mahallapuram, qui se trouve à 2 heures de bus de Madras (Chennai), où nous devons arriver demain en milieu d'après midi après 22 heures de trajet !!!
Nous avons considérer que nous aurions notre compte de voyages en train, aussi, les billets d'avion ont ils été pris pour que nous revenions directement de Colombo à Delhi. Cela génère un surcoût, mais nous gagnons au moins deux jours...



Notre copain le Life Guard N°22

Hier, après notre bain quotidien, et une petite promenade en chameau, nous avons trouvé notre rickshaw - est-ce le hasard qui l'a amené sur nos pas au moins 5 ou 6 fois ? - pour nous rendre au temple du soleil de Kornarak. Une belle promenade au long d'une route qui borde la plage vierge et seulement occupée par des pécheurs qui 
























samedi 18 janvier 2014

Un peu d'organisation

Pink House, lessoning to John Coltrane, "Blue Train" with my Masala Tchaï

Pendant que les pélerins entament leurs va-et-vient en passant devant la porte de la guest, nous nous sentons suffisamment ragaillardi ce matin pour un bon masala dosa. Je ne présente plus ces crèpes fourrées au légumes épicés, qui se mangent au petit déjeuner.
Nous avions déjà repéré le Bamboo Restaurant, non loin de là, qui semblait tout à fait approprié pour ces agapes matinales. D'autant que ce nom reste associé à une table que nous avons longtemps fréquentée dans le XIIIème (le bo bun ainsi que la salade de boeuf pimenté sont excellents)...







Un réveil avec de nouvelles résolutions. Les consultations auprès d'un agent de voyage nous amènent à reconsidérer notre itinéraire. De fait, l'option Varanasi au terme de notre séjour s'avère compliqué par les distances et le temps nécessaire à les parcourir. Il s'agit encore de journées de train, sans compter le retour sur le continent en provenance de colombo. Si bien que nous y renonçons... Déçus bien entendu, mais certains que d'autres occasions se présenteront.
Fort de quoi nous pouvons profiter d'une semaine supplémentaire dans le Tamil Nadu et d'un petit rab à Puri, que nous quitterons dans deux jours.
Cela non plus n'est pas simple : les trains étant complets, si l'on veut bénéficier des places allouées sur quota (au gouvernement, à l'armée, etc...) qui se libèrent 24h avant le départ, il faut être les premiers dans la queue devant le guichet. Celle-ci se forme à partir de 4h du matin et c'est un job pour de nombreuses personnes d'attendre dans cette queue. D’où l'obligation de passer par une agence, à moins de vouloir se lever à 3h pour une attente de 6h minimum, les réservations ne pouvant être effectuées avant. Un autre des apprentissages que nous devons faire pour nous mouvoir facilement. Et les exemples sont nombreux...






 Ce matin, jour de béton ! La bétonnière est livrée par camion avec son contingent de main d'oeuvre pour la faire tourner. Quelques hommes sont présents : pour diriger la toupie et pour lisser le béton. Entre les deux, une vingtaine de femmes, qui pour remplir la bétonnière et les autres, pour emmener le béton. Une trentaine de personnes agissent de concert avec la machine en assurant une sorte de ballet. On ne se surprend même pas à s'arrêter pour admirer le rythme des enchaînements, qui permet aux 200 m² de dalle d'être réalisés dans la matinée.
Les serveurs de l'hôtel où nous nous trouvons n'étant payés que 1000 Rs (12,5 euros !!!!) par .... mois, et ce pour 12 à 14h de présence journalière, 7/7, on imagine à peine ce que ces travailleurs peuvent gagner, pour un labeur moins honorant.

Connaissant ces "barèmes", on réalise un peu mieux le fossé qui nous sépare, avec nos liasses du commun de l'Inde contemporaine, qui concerne encore la majorité. Et ce, quand bien même nous trouvons nous dans l'Etat le plus pauvre.
On relativise...







Pour le souvenir...






vendredi 17 janvier 2014

Le temps s'arrête à Puri



Puri, E-24 Hospital, le 16 janvier à 14h

Hortense dort maintenant. Attaquée par une infection alimentaire, nous avons du nous résoudre à consulter un médecin hier soir. Après un bref répit, les vomissements ayant repris ce matin, le docteur nous a immédiatement orienté vers l'hôpital pour la mettre sous perfusion et subir une injection plus importante de traitement pour combattre l'infection. A son chevet, je profite de la pause qui m'est offerte pour reprendre le cours de notre récit.



Avec les trois nuits de transport, le temps s'est suspendu. Les 36 heures de train, en particulier, ont favorisé des rencontres insolites, avec un militaire, un travailleur revenant d'Arabie, avec un comptable et sa famille, des touristes/pélerins. Le temps se dilate, ou se contracte, je ne sais pas trop. Mais on perd le fil de la séquence des jours. Et on arrive à Puri au petit matin.



Nous finissons, après quelques guesthouses visitées, par nous installer au Pink House, l'une des institutions de la ville. Composée d'une rangée de chambres très simples, les fenêtres simplement munies de barreaux, sans eau chaude, mais donnant directement sur la plage, à la lisière de l'un des plus gros village de pécheurs de la côte. Cette partie de la plage est autant un lieu de travail, qu'un lieu de vie, très éloignée de la partie sud où se développe les hôtels destinés aux touristes indiens. Autant dire que les hébergements fréquentés par les voyageurs, sont désormais marginalisés.


Premiers bains dans le Golfe du Bengale, en s'éloignant de la partie occupée par les pécheurs, trop encombrée de déchets en tout genre. Premières vagues, et de -trop – nombreuses sollicitations des pèlerins pour des photos. Car Puri, c'est d'abord l'un des lieux les plus sacré de l'Inde, avec son temple qui figure parmi les quatre plus importants à visiter. De sorte que ses abords, et la ville ensuite sont encombrés d'Indiens en provenance de tout le territoire. On y croise toutes les cultures, toutes les différences de vêtements, de type, et la plupart, n'ayant jamais vu la mer, viennent y tremper les pieds ou se laisser rouler dans l'écume des vagues. Ils ne vont pas bien loin, car personne ne sait nager. Aussi avons-nous fait forte impression auprès des maîtres nageurs en nous éloignant du bord.



Malgré les soucis de santé, la pression pour avancer et reprendre la route s'éloigne. Puri s'impose comme une ville très accueillante, et pour peu que nous prenions le temps de nous y installer, source de découvertes et de rencontres. Celles-ci ont déjà commencé à l'hotel avec des occidentaux et des indiens. Les uns fréquentent Puri depuis des années et les autres sont des natifs qui ouvrent les portes. Il convient de signaler que le Pink s'impose par la tranquillité et la nonchalance de ses occupants autant et voire plus par son personnel. Everything is possible there...



Finalement, l'Orissa s'avère une destination de choix pour celui qui souhaite s'écarter des sentiers battus. On se trouve dans l'un des Etats les plus pauvres de la fédération, encore très marqué par la tradition, a fortiori du fait de l'importance de son Temple. Avec les enfants, il restera compliqué de s'aventurer dans les territoires tribaux mais la tentation est grande. Cependant, la vieille ville autour du temple est le centre d'une activité débordante, où l'on ne se lassera pas d'errer. De plus nous goûtons nos déambulations dans le village des pécheurs, qui jouxte notre hôtel, pour trouver une vie très simple, des sourires et beaucoup de curiosité dans toutes ces petites ruelles où courent les caniveaux, les poules et tellement d'enfants.


Le contraste entre cette vie traditionnelle et le tourisme nous est apparu de façon criante hier, lorsque nous avons assisté à des sacrifices rituels sur la plage, lors du Pujah. Une fête très importante. Sur le chemin de la baignade, les enfants ont donc pu regarder le sacrifice de quelques poulets. Un petit temple dressé sur la plage, abrité d'une hutte de paille ; un autel marqué de quelques drapeaux à proximité où sont égorgés les animaux. Deux officiants principaux, dont une femme, qui accompagnent la cérémonie en parlant continuellement aux bêtes, pour, imagine-t-on, que le message passe bien. La représentation d'un bateau, l'eau de mer déversée sur les bêtes, alternativement avec de l'eau mélangée à ce qui semble être du curry. L'attente est longue pour les chèvres, comme si on attendait leur réponse. Elles ont droit à leur dernier repas ; et couic ! La carcasse est jetée à la mer pour tout ce qu'on peut en attendre : de bonnes pêches et pas d'accidents... Puis, vous vous retrouvez à devoir vous éloigner de votre zone de baignade, car les courants ramènent la carcasse « sacrée » vers vous. Je ne plaisante qu'à moitié.

Il m'aura fallu plus de dix jours pour retrouver l’envoûtement qui m'a étreint à chacun de mes séjours dans cette contrée. Aujourd'hui, c'est un pur bonheur de me retrouver dans la rue, au milieu de cette atmosphère bruyante, dans laquelle les sens peinent à trouver leurs repères. On voudrait enregistrer, distiller odeurs et parfums, cuisiner, photographier et raconter chaque instant tellement il recèle de richesses. Jusqu'à « l'Hurya », la langue régionale, dont les intonations graves et chantantes plaisent à l'oreille.
Cet après midi, je sais que nous n'en avons pas encore fini avec Puri. Deux jours, une semaine... rien ne presse







Le 17.
Sommes rentrés après 22h30, très affaiblie mais vaillante. J'ai quand même pu passé une fin de soirée sympa avec Jéjé, un frenchie qui doit passer les trois quarts de son temps in India, et Lalla, le propriétaire baba de l'hôtel. Lui qui connaît tous les membres du gouvernement local nous en apprend beaucoup, hélas pas le meilleur. Mais en confrontant notre situation, on se dit qu'ils sont un peu pareils partout. L'argent corrompt tout, y compris les votes...

Alimentation à suivre de près : veg only !!!
On repassera pour les fritures de rue ou autres omelettes pimentées dont nous raffolons. Après conseil au sommet ce matin au Honey Bee restaurant, afin de travailler quand même un peu sur notre planning, voilà ce qui en ressort : nous partons après demain soir en direction de Chennaï avec une étape ou deux avant d'atteindre Pondicherry, où nous passerons une semaine avant de nous envoler vers Colombo. L'objectif étant de revenir suffisamment tôt pour passer quelques jours à Varanasi avant le retour. En cours... 



samedi 11 janvier 2014

Ce sera finalement Puri, dans l'Orissa




Main Bazar road, near New Delhi Railway station, 20h, samedi soir


Voilà le quartier que nous avons arpenté pendant ces quelques jours à Macleod Gang. Au bout de chaque route, la montagne et son air pur. Nous sommes montés à 2200 mètres, jusqu'à Dharamkot. Et puis voilà, ce froid qui nous étreint, qui nous ralentit, et ces faiblesses gastriques que nous avons tous associées à des momos mal digérés.

C'est sans remords que nous prenons la direction du Bus Stand pour reprendre la route de Delhi. Sans commentaire.

On garde quelques clichés en passant de l'une des Royal Enfield, ces motos qui font figure de mythes à travers les ages, et dont tout matadore veut pouvoir s'affubler. Par comparaison on voit maintenant beaucoup moins de voitures Ambassador, qui ne font sans doute plus le poids face aux japonaises Suzuki, notamment.


Ou de cette boucherie qui figure assez bien le modèle d'échoppes alimentaires de rue dans notre quartier.




Bon, le clou de la journée, c'est évidemment notre arrivée ce matin à 5h30, et notre course pour arriver le premiers devant le guichet dédié aux étrangers. Deux heures au courage pour connaitre la délivrance : savoir enfin quelle sera notre prochaine destination. Et après une consultation quasi exhaustive des trains à destination de Varanasi, et de nos possibilités pour en partir vers le sud, nous devons nous résoudre à choisir autre chose : ce sera Puri, sur la côte Est, au centre de l'Orissa. On m'annonce un départ à 22h40 et une arrivée à 5H25; je me réjouis de la brièveté de ce trajet, mais le préposé réfreine ma joie en m'annonçant que l'arrivée est pour le surlendemain, soit deux nuits dans le train.
C'est ainsi ! essentiellement quand on n'a rien prévu et qu'en arrivant au guichet, on sait qu'il faut établir une liste d'options qui peuvent nous emmener à des centaines de kilomètres, c'est à dire ici dans des pays presque différents.

Nous sommes maintenant pratiquement largués, à l'aise dans la rue, pas loin du poisson dans l'eau. C'est chouette ! et ces 32 heures de train s'annoncent à l'avance comme une nouvelle expérience très riche. L'apprentissage de la route en somme et de beaucoup de partages pour nous...





vendredi 10 janvier 2014

Vers Bénares, peut-être !

Kunga restaurant - 17h

Face à la montagne, devant une dernière collation avant de reprendre nos sacs, direction le Bus stand.
Départ à 18h, environ pour Delhi. Arrivée prévue demain matin vers 5h30.
On prend un rickshaw pour aller au plus vite à la gare centrale, devant le guichet dédiés aux étrangers. Il ouvre à 8h. Nous saurons donc à ce moment là, si nous pouvons avoir des places sur le quota des étrangers pour Bénarès. Si les trains sont complets, nous avons décidé d'opter pour le sud directement.
Dans tous les cas, pas de connexions possibles avant une quarantaine d'heures...

Il reste encore à dire sur ces quelques jours à Dharmsala; sur la douceur qui y règne, l'impression de ne pas être en Inde mais en Asie centrale....

PLus tard
C'est parti !

 


jeudi 9 janvier 2014

Il faut trouver son chemin







On se fait trop souvent des idées préconçues. En arrivant à Dharmsala, j'imaginais une sorte de village organisé autour des temples bouddhistes animés par la communauté tibétaine. J'imaginais trouver une population résolument tournée vers la pratique bouddhiste, en particulier dans leur quotidien. Ce n'est pas le cas, je crois. Je rêvais d'une pause de quelques jours dans l'air pur de l’Himalaya, passant d'une visite au temple à une balade dans la montagne, avant de revenir nous goinfrer de momos.
Il m'aura fallu au moins deux jours pour revenir me convertir à la réalité.

Car cette réalité qui a certainement correspondu à mes fantasmes il y a quelques dizaines d'années n'est plus. Depuis, elle a été occulté par la vie politique et le combat mené par le Dalaï Lama et sa communauté en faveur de la reconnaissance d'un Tibet libre, ou à tout le moins, jouissant d'une autonomie au sein de la République Populaire de Chine. C'est d'ailleurs la voie officielle adoptée par le nouveau premier ministre (du gouvernement en exil, et siégeant ici). Mais Dharmsala, et plus particulièrement le quartier de Macleod Gang, surnommée little Lhassa, qui s'est construit autour de la résidence de "His Holiness", est devenu d'abord un lieu de villégiature de la communauté hyppie, et plus récemment, une destination en vogue pour le tourisme indien.

De sorte qu'après quelques jours, on distingue une forme de cloisonnement entre la vie du Temple d'un coté et de l'autre, la vie touristique avec ses colifichets, ses hotels en pagaille et autre cafés plus ou moins branchés à la mode indienne. Ce sont des lieux qui proposent toutes sortes de services dédiés : cours de yoga, médecine ayurvédique, théâtre politique, réparation de dreadlocks, organisation de treks et bien sur les cours de cuisine...
D'autres sont plus isolés, et exigent une marche dans la montagne. A voir la déco psychédélique / indhu / peace & love et le son électro qui sort des enceintes, on imagine aisément le type d'animation qui peut y prendre place. Comme des sortes de restaurants d'altitudes, avec la permissivité et l'éclectisme des travellers en plus. 

Bref, il a fallu en rabattre sur les ambitions initiales. Car quand on se rend au temple, le seul de la ville, on doit se délester de tous ses objets électroniques et inflammables, passer sous un portique et quasiment subir une fouille. Tout ça pour découvrir un lieu vide de vie, hormis un moine passant pour remplacer la paraffine dans les bougeoirs et ramasser les aumônes que nous laissons au pied de la grande statue de Bouddha. Et voilà. Nous n'y retournerons pas. Bon, il convient de signaler que le Dalaï Lama est parti dans le sud de l'Inde pour une prédication, et qu'à sa suite, une grande partie des moines l'ont accompagné. 





Ca, c'est le coucher de soleil que nous avons de la chambre de notre hotel. Et à ce moment là, la température commence à sérieusement chuter. On enfile à nouveau les beaux bonnets tibétains que nous connaissons tous, mais qui sont fabriqués sur place, ou au Tibet, si l'on croit les étiquettes.

Avec tout ça, je réalise combien le temps est nécessaire pour se défaire de l'obligation de résultats, incompatible avec le voyage. On s'embarque pour une destination, et il importe de savoir se laisser porter par les événements. C'est à cette condition, en particulier, que ce séjour devient plutôt sympa. On s'aperçoit que l'ambiance est très tranquille, les gens accueillant et paisibles. Des soucis gastriques nous obligent pourtant à adapter notre rythme et à revoir notre feuille de route. J'avais imaginé glisser vers Amritsar, capitale des Sikhs, et ville quasi frontalière du Pakistan. Cependant, force nous est de constater que nous ne sommes vraiment pas équipés pour ce climat et que nous devons prendre la route du sud; c'est à dire Bénarès - Varanasi pour le moment. Mais commence les problèmes de transport en Inde, liés essentiellement à leur durée. Faute d'avoir des places retenues dans un train qui aurait pu nous y mener quasi directement (en plus de 24h), il nous faut reprendre un bus pour gagner Delhi et espérer que le quota de sièges réservé aux étrangers et aux Indiens non résidents nous permettra de quitter la capitale dans la journée. Seulement, seuls quelques guichets en Inde ont accès à ces quotas, et aucun à proximité de Dharmsala. Au mieux nous mettrons 36 heures pour joindre Varanasi. Et la même problématique se pose pour notre prochaine étape, sachant que les trains ne circulent pas forcément tous les jours. Je passe les détails. Si nous décidons d'aller au Tamil Nadu pour trouver la chaleur, notre destination est donc Chennai / Madras. Trois trains par semaine de Varanasi et deux nuits à passer à bord...
Une telle perspective m'inquiète un peu mais nous n'avons pas trop le choix.

Affaire à suivre, avec un nouveau départ demain soir, en espérant que tout le monde sera rétabli.


Un marchand de pan, ces mélanges de feuilles, de tabac et d'épices dont les indiens raffolent dans les quartiers populaires.


La poste de Bhagsu, petit village que nous traversons pour aller vers une cascade de montagne. La soeur qui passe devant constitue l'élément incongru.










mardi 7 janvier 2014

Sur la route




Delhi – Dharmsala – 6/7 janvier





Pour notre dernier jour à Delhi, nous optons pour une excursion à Old Delhi. Nous devons franchir le pont qui enjambe la gare. Là, nous nous retrouvons dans Intra Muros. C'est le cœur historique de Delhi, que nous n'avons fait qu'effleurer à notre arrivée. Aujourd'hui, nous optons pour une orientation au juger vers la grande mosquée Jama Masjid. Nous nous perdons immédiatement dans Sita Ram Bazar, au fil des ruelles dont certaines ne dépassent pas un mètre de large. 
Là, aucun mendiant, si ce n'est un Sadhu en vadrouille ; 



là, une ambiance de village avec ses quartiers spécialisés, qui rappellent l'organisation des grands souks, les touristes en moins. De fait, nous n'en croisons aucun, et c'est à notre tour de devoir prendre la pose pour être pris en photo à chaque coin de rue. Les rencontres sont faciles et les échanges sans suspicion. Si nous nous arrêtons pour acheter un morceau de goyave, il se trouve forcément quelqu'un pour nous dire le prix que nous devons payer, au dam du vendeur ; le seul marchandage de la matinée. 

Après les fruits, nous demandons pourtant à une pause plus longue et à une nourriture plus roborative. 













Au détour d'une venelle, nous assistons à la cuisson des chapatis réalisés dans un four en terre, comme une grande jarre chauffée par l'extérieure. On est surpris par l'adhérence de la pâte défiant les lois de l'apesanteur. Séverine s'avance dans la cuisine (qui donne sur la rue) pour essayer de saisir le mouvement, et finalement, nous nous décidons pour cette cantine : au menu, le traditionnel dhal curry (lentilles baignant dans une sauce au curry) et un aloo ghobi (pommes de terre et choux fleurs épicés), que l'on mange avec des chapatis, le tout servi à volonté.

Les derniers kilomètres pour atteindre la mosquée sont éprouvants, en particulier sur Chawari Bazar Road, dont la perspective nous offre les grands minarets de Jama Masjid. La voie est encombrée de toutes sortes de véhicules, d'échoppes et d'étals, le tout parcourue par une foule qui s’entremêle à la circulation. Aussi, l'arrivée sur les grands escaliers qui montent vers l'entrée de l'édifice nous offre un répit que nous estimons bien mérité. D'ailleurs, à voir le nombre de personnes allongées sur les grandes marches rouges, ou les familles qui picorent après ou avant leurs visites, nous ne sommes pas les seuls à vivre cette incursion comme un vrai soulagement.

Comme il nous reste encore deux bonnes heures avant notre rendez-vous à l'hotel, nous décidons de faire un crochet par Connaught Place, le centre commerçant de la nouvelle Delhi, correspondant peu ou prou au quartier de l'Etoile à Paris. L'occasion de visiter quelques Emporiums, ces magasins d'Etat ou l'on trouve tout l'artisanat indien, réparti pour chaque Etat de la fédération.

Nous retrouvons finalement Pahar Gang, le quartier des routards. Nous sommes soulagés à l'idée de quitter cette capitale polluée pour aller à la rencontre d'une Inde moins submergée par le désir de modernité ; ou en tout cas, le subissant un peu moins. Et apparemment, là nous nous rendons, nous devrions trouver une vraie tranquillité, la fraîcheur du climat ayant éloigné la faune hippie-yoga vers les rivages de Goa pour un certain temps.
Cependant, il nous faut y arriver et le trajet promet déjà quelque fatigue. Déjà, je dois me mettre en colère pour que les agents en charge de collecter les passagers nous emmènent jusqu'à l'arrêt du bus. Entassés avec nos bagages dans deux rickshaws qui se perdent dans la circulation du soir, sans véritablement savoir où ils doivent se rendre, nous sommes déjà soulagés de nous retrouver sains et saufs. On nous avait promis un bus de touristes, nous sommes finalement les seuls « western people », signe des temps.




Passons sur les détails habituels de ce genre de voyage : les arrêts tout au long de la nuit, y compris bien entendu dans ces sortes de restaurants d'autoroutes fréquentés essentiellement par les cars, abritant sous des toits de taules ondulées, des dizaines de tables où l'on sert une nourriture douteuse. D'ailleurs, on évite, en attendant la fin. Passons sur les tronçons de route ressemblant plus à de la piste et, pour cette fois-ci, à une fin difficile sur l'ascension des contreforts montagneux. On passe sur les « vomiting bags » qui se remplissent. Et on passe, quoique difficilement, sur l'évidence des motivations qui vous poussent à prendre la route dans ces conditions.
Alors, on sait que l'arrivée sera périlleuse, ou qu'il vaut mieux s'y attendre pour s'éviter trop de déconvenues. Car une nouvelle nuit blanche, ou quasi, en quatre jours, ça vous pousse un organisme vers des formes de fatigues assez extrêmes. Ne parlons pas non plus de Marguerite, complètement déboussolée, de son sommeil, de son appétit et de tous ses repères habituels.
Le bus s'arrête à 5h ce matin dans une gare en béton. La sensation de froid est renforcée par notre état hallucinatoire. Je pensais monter au centre de MacLeod Gang à pieds, mais un regard sur la bande me fait comprendre qu'il vaut mieux payer recta le taxi qui se présente à un tarif prohibitif pour les deux km qui nous emmènent devant la guest house sur laquelle nous avons jeté notre dévolu. Évidemment elle est fermée.
Afin de nous réchauffer, nous épaulons nos sacs et effectuons quelques pas pour nous rapprocher de la place centrale, en quête d'un endroit ou nous pourrions nous poser. Il ne faut pas espérer grand chose avant 8h, soit plus de deux heures à attendre à moins de 5°c. Nous échouons dans le petit hall d'un hotel, à peu près chauffé. Peu après, nous partons avec Théodore pour repérer les lieux. Nous pénétrons dans des guest houses seulement éclairées de leurs veilleuses, soulevons le volet métallique d'un hotel à l'air abandonné... Le soleil se lève et avec lui, nous découvrons un relief découpé entouré de sommets enneigés. Nous y reviendrons.
De dépit, après avoir soulevé des matelas plus que suspects, et suivi des intermédiaires douteux, nous avons élu domicile dans une Guest gérée par les moines. Nous couchons les enfants, avec le sentiment d'avoir déjà fait une bonne journée : il n'est pas 10h ! Nous poursuivons notre quête de la chambre idéale à « 2 balles ». Nous sommes transis de froid.
Après réflexion, et 2 heures d'un sommeil réparateur, nous décidons de quitter nos chambres pour l'Hotel Shambala, très central avec vue sur la montagne, propre, pourvu d'une connexion wi-fi et d'un restaurant ou nous pourrons aussi commencer nos activités scolaires. Inutile de préciser que ici comme ailleurs, le chauffage est inexistant. Heureusement, nous avons l'eau chaude.

Les devoirs ont ainsi été fait à quatre sous la couette et nous sommes maintenant en doudounes, bonnets tibétains en train d'attendre nos plats chauds.