jeudi 9 janvier 2014

Il faut trouver son chemin







On se fait trop souvent des idées préconçues. En arrivant à Dharmsala, j'imaginais une sorte de village organisé autour des temples bouddhistes animés par la communauté tibétaine. J'imaginais trouver une population résolument tournée vers la pratique bouddhiste, en particulier dans leur quotidien. Ce n'est pas le cas, je crois. Je rêvais d'une pause de quelques jours dans l'air pur de l’Himalaya, passant d'une visite au temple à une balade dans la montagne, avant de revenir nous goinfrer de momos.
Il m'aura fallu au moins deux jours pour revenir me convertir à la réalité.

Car cette réalité qui a certainement correspondu à mes fantasmes il y a quelques dizaines d'années n'est plus. Depuis, elle a été occulté par la vie politique et le combat mené par le Dalaï Lama et sa communauté en faveur de la reconnaissance d'un Tibet libre, ou à tout le moins, jouissant d'une autonomie au sein de la République Populaire de Chine. C'est d'ailleurs la voie officielle adoptée par le nouveau premier ministre (du gouvernement en exil, et siégeant ici). Mais Dharmsala, et plus particulièrement le quartier de Macleod Gang, surnommée little Lhassa, qui s'est construit autour de la résidence de "His Holiness", est devenu d'abord un lieu de villégiature de la communauté hyppie, et plus récemment, une destination en vogue pour le tourisme indien.

De sorte qu'après quelques jours, on distingue une forme de cloisonnement entre la vie du Temple d'un coté et de l'autre, la vie touristique avec ses colifichets, ses hotels en pagaille et autre cafés plus ou moins branchés à la mode indienne. Ce sont des lieux qui proposent toutes sortes de services dédiés : cours de yoga, médecine ayurvédique, théâtre politique, réparation de dreadlocks, organisation de treks et bien sur les cours de cuisine...
D'autres sont plus isolés, et exigent une marche dans la montagne. A voir la déco psychédélique / indhu / peace & love et le son électro qui sort des enceintes, on imagine aisément le type d'animation qui peut y prendre place. Comme des sortes de restaurants d'altitudes, avec la permissivité et l'éclectisme des travellers en plus. 

Bref, il a fallu en rabattre sur les ambitions initiales. Car quand on se rend au temple, le seul de la ville, on doit se délester de tous ses objets électroniques et inflammables, passer sous un portique et quasiment subir une fouille. Tout ça pour découvrir un lieu vide de vie, hormis un moine passant pour remplacer la paraffine dans les bougeoirs et ramasser les aumônes que nous laissons au pied de la grande statue de Bouddha. Et voilà. Nous n'y retournerons pas. Bon, il convient de signaler que le Dalaï Lama est parti dans le sud de l'Inde pour une prédication, et qu'à sa suite, une grande partie des moines l'ont accompagné. 





Ca, c'est le coucher de soleil que nous avons de la chambre de notre hotel. Et à ce moment là, la température commence à sérieusement chuter. On enfile à nouveau les beaux bonnets tibétains que nous connaissons tous, mais qui sont fabriqués sur place, ou au Tibet, si l'on croit les étiquettes.

Avec tout ça, je réalise combien le temps est nécessaire pour se défaire de l'obligation de résultats, incompatible avec le voyage. On s'embarque pour une destination, et il importe de savoir se laisser porter par les événements. C'est à cette condition, en particulier, que ce séjour devient plutôt sympa. On s'aperçoit que l'ambiance est très tranquille, les gens accueillant et paisibles. Des soucis gastriques nous obligent pourtant à adapter notre rythme et à revoir notre feuille de route. J'avais imaginé glisser vers Amritsar, capitale des Sikhs, et ville quasi frontalière du Pakistan. Cependant, force nous est de constater que nous ne sommes vraiment pas équipés pour ce climat et que nous devons prendre la route du sud; c'est à dire Bénarès - Varanasi pour le moment. Mais commence les problèmes de transport en Inde, liés essentiellement à leur durée. Faute d'avoir des places retenues dans un train qui aurait pu nous y mener quasi directement (en plus de 24h), il nous faut reprendre un bus pour gagner Delhi et espérer que le quota de sièges réservé aux étrangers et aux Indiens non résidents nous permettra de quitter la capitale dans la journée. Seulement, seuls quelques guichets en Inde ont accès à ces quotas, et aucun à proximité de Dharmsala. Au mieux nous mettrons 36 heures pour joindre Varanasi. Et la même problématique se pose pour notre prochaine étape, sachant que les trains ne circulent pas forcément tous les jours. Je passe les détails. Si nous décidons d'aller au Tamil Nadu pour trouver la chaleur, notre destination est donc Chennai / Madras. Trois trains par semaine de Varanasi et deux nuits à passer à bord...
Une telle perspective m'inquiète un peu mais nous n'avons pas trop le choix.

Affaire à suivre, avec un nouveau départ demain soir, en espérant que tout le monde sera rétabli.


Un marchand de pan, ces mélanges de feuilles, de tabac et d'épices dont les indiens raffolent dans les quartiers populaires.


La poste de Bhagsu, petit village que nous traversons pour aller vers une cascade de montagne. La soeur qui passe devant constitue l'élément incongru.










mardi 7 janvier 2014

Sur la route




Delhi – Dharmsala – 6/7 janvier





Pour notre dernier jour à Delhi, nous optons pour une excursion à Old Delhi. Nous devons franchir le pont qui enjambe la gare. Là, nous nous retrouvons dans Intra Muros. C'est le cœur historique de Delhi, que nous n'avons fait qu'effleurer à notre arrivée. Aujourd'hui, nous optons pour une orientation au juger vers la grande mosquée Jama Masjid. Nous nous perdons immédiatement dans Sita Ram Bazar, au fil des ruelles dont certaines ne dépassent pas un mètre de large. 
Là, aucun mendiant, si ce n'est un Sadhu en vadrouille ; 



là, une ambiance de village avec ses quartiers spécialisés, qui rappellent l'organisation des grands souks, les touristes en moins. De fait, nous n'en croisons aucun, et c'est à notre tour de devoir prendre la pose pour être pris en photo à chaque coin de rue. Les rencontres sont faciles et les échanges sans suspicion. Si nous nous arrêtons pour acheter un morceau de goyave, il se trouve forcément quelqu'un pour nous dire le prix que nous devons payer, au dam du vendeur ; le seul marchandage de la matinée. 

Après les fruits, nous demandons pourtant à une pause plus longue et à une nourriture plus roborative. 













Au détour d'une venelle, nous assistons à la cuisson des chapatis réalisés dans un four en terre, comme une grande jarre chauffée par l'extérieure. On est surpris par l'adhérence de la pâte défiant les lois de l'apesanteur. Séverine s'avance dans la cuisine (qui donne sur la rue) pour essayer de saisir le mouvement, et finalement, nous nous décidons pour cette cantine : au menu, le traditionnel dhal curry (lentilles baignant dans une sauce au curry) et un aloo ghobi (pommes de terre et choux fleurs épicés), que l'on mange avec des chapatis, le tout servi à volonté.

Les derniers kilomètres pour atteindre la mosquée sont éprouvants, en particulier sur Chawari Bazar Road, dont la perspective nous offre les grands minarets de Jama Masjid. La voie est encombrée de toutes sortes de véhicules, d'échoppes et d'étals, le tout parcourue par une foule qui s’entremêle à la circulation. Aussi, l'arrivée sur les grands escaliers qui montent vers l'entrée de l'édifice nous offre un répit que nous estimons bien mérité. D'ailleurs, à voir le nombre de personnes allongées sur les grandes marches rouges, ou les familles qui picorent après ou avant leurs visites, nous ne sommes pas les seuls à vivre cette incursion comme un vrai soulagement.

Comme il nous reste encore deux bonnes heures avant notre rendez-vous à l'hotel, nous décidons de faire un crochet par Connaught Place, le centre commerçant de la nouvelle Delhi, correspondant peu ou prou au quartier de l'Etoile à Paris. L'occasion de visiter quelques Emporiums, ces magasins d'Etat ou l'on trouve tout l'artisanat indien, réparti pour chaque Etat de la fédération.

Nous retrouvons finalement Pahar Gang, le quartier des routards. Nous sommes soulagés à l'idée de quitter cette capitale polluée pour aller à la rencontre d'une Inde moins submergée par le désir de modernité ; ou en tout cas, le subissant un peu moins. Et apparemment, là nous nous rendons, nous devrions trouver une vraie tranquillité, la fraîcheur du climat ayant éloigné la faune hippie-yoga vers les rivages de Goa pour un certain temps.
Cependant, il nous faut y arriver et le trajet promet déjà quelque fatigue. Déjà, je dois me mettre en colère pour que les agents en charge de collecter les passagers nous emmènent jusqu'à l'arrêt du bus. Entassés avec nos bagages dans deux rickshaws qui se perdent dans la circulation du soir, sans véritablement savoir où ils doivent se rendre, nous sommes déjà soulagés de nous retrouver sains et saufs. On nous avait promis un bus de touristes, nous sommes finalement les seuls « western people », signe des temps.




Passons sur les détails habituels de ce genre de voyage : les arrêts tout au long de la nuit, y compris bien entendu dans ces sortes de restaurants d'autoroutes fréquentés essentiellement par les cars, abritant sous des toits de taules ondulées, des dizaines de tables où l'on sert une nourriture douteuse. D'ailleurs, on évite, en attendant la fin. Passons sur les tronçons de route ressemblant plus à de la piste et, pour cette fois-ci, à une fin difficile sur l'ascension des contreforts montagneux. On passe sur les « vomiting bags » qui se remplissent. Et on passe, quoique difficilement, sur l'évidence des motivations qui vous poussent à prendre la route dans ces conditions.
Alors, on sait que l'arrivée sera périlleuse, ou qu'il vaut mieux s'y attendre pour s'éviter trop de déconvenues. Car une nouvelle nuit blanche, ou quasi, en quatre jours, ça vous pousse un organisme vers des formes de fatigues assez extrêmes. Ne parlons pas non plus de Marguerite, complètement déboussolée, de son sommeil, de son appétit et de tous ses repères habituels.
Le bus s'arrête à 5h ce matin dans une gare en béton. La sensation de froid est renforcée par notre état hallucinatoire. Je pensais monter au centre de MacLeod Gang à pieds, mais un regard sur la bande me fait comprendre qu'il vaut mieux payer recta le taxi qui se présente à un tarif prohibitif pour les deux km qui nous emmènent devant la guest house sur laquelle nous avons jeté notre dévolu. Évidemment elle est fermée.
Afin de nous réchauffer, nous épaulons nos sacs et effectuons quelques pas pour nous rapprocher de la place centrale, en quête d'un endroit ou nous pourrions nous poser. Il ne faut pas espérer grand chose avant 8h, soit plus de deux heures à attendre à moins de 5°c. Nous échouons dans le petit hall d'un hotel, à peu près chauffé. Peu après, nous partons avec Théodore pour repérer les lieux. Nous pénétrons dans des guest houses seulement éclairées de leurs veilleuses, soulevons le volet métallique d'un hotel à l'air abandonné... Le soleil se lève et avec lui, nous découvrons un relief découpé entouré de sommets enneigés. Nous y reviendrons.
De dépit, après avoir soulevé des matelas plus que suspects, et suivi des intermédiaires douteux, nous avons élu domicile dans une Guest gérée par les moines. Nous couchons les enfants, avec le sentiment d'avoir déjà fait une bonne journée : il n'est pas 10h ! Nous poursuivons notre quête de la chambre idéale à « 2 balles ». Nous sommes transis de froid.
Après réflexion, et 2 heures d'un sommeil réparateur, nous décidons de quitter nos chambres pour l'Hotel Shambala, très central avec vue sur la montagne, propre, pourvu d'une connexion wi-fi et d'un restaurant ou nous pourrons aussi commencer nos activités scolaires. Inutile de préciser que ici comme ailleurs, le chauffage est inexistant. Heureusement, nous avons l'eau chaude.

Les devoirs ont ainsi été fait à quatre sous la couette et nous sommes maintenant en doudounes, bonnets tibétains en train d'attendre nos plats chauds.

dimanche 5 janvier 2014

Du musée d'art moderne à Hauz Khaz Village

Hotel Shelton, Main Bazar, Pahar Gang

Quelques photos, mais trop peu de débit pour gérer correctement le transfert, et je n'ai pas vraiment le goût d'attendre. 
Il faudra à nouveau se contenter d'un descriptif pauvre et sec de la journée !

Les vidéos de Théodore eussent été plus appropriées pour restituer les ambiances que nous avons traversées; en particulier dans les cuisines de rue où nous avons décidé de nous arrêter, après nos relatives déconvenues gastronomiques, dans des restaurants par trop orientés vers une clientèle internationale.

Nous avons donc commencé par un bon masala dosa, accompagné du tchaï traditionnel. Nous étions prêts pour notre première destination : le musée d'Art Moderne de Delhi. La description du Routard n'était pourtant pas très engageante, mais nous passâmes outre pariant sur notre empathie pour l'art. Inaugurée par Sonia Gandhi en 2009, les nouveaux bâtiments, situés à proximité d'India Gate, abritent une large collection des plus hétéroclite. Mais au lieu d'une impression mitigée, nous fûmes surpris par de belles découvertes, et au bout d'une heure et demie, les enfants commençant à prendre trop de place, nous précipitâmes notre sortie. Les conditions de visite sont excellentes, en particulier dans les dernières salles, riches des dernières acquisitions, où nous étions quasi seuls.
Afin de continuer notre promenade dans New Delhi, nous décidâmes de nous diriger vers l'un des nouveaux quartiers branchés de la ville, Haus Khaz. Composé d'un entrelacs de ruelles lovée autour d'un lac, celui-ci est largement piétonnier. Dimanche est jour férié, et la foule se presse néanmoins aux abords de ce havre de paix. Les voituriers qui gèrent le trafic sont tout à leur affaire, arborant fièrement le fil de fer qui sert à garder les dizaines de clés de voiture dont ils ont la charge. Plusieurs de mes photos seront prises lors de cette déambulation : des tags pour l'essentiel, qui illustrent à nouveau l'émergence d'une culture urbaine moderne dont les repères culturels se retrouvent dans tous les grands centres urbains, teintés néanmoins, et c'est ce qui fait leur intérêt le plus souvent, par la culture dont ils sont issus.

Malgré une pause tranquille dans l'hotel "the Rose", à l'ambiance très cool, nous revenons vers Pahar Gang la populeuse. Marguerite s'endort dans les bras de sa maman; nous nous prenons à regretter la poussette, car déjà, son poids se fait sentir. Quelques bonnes brochettes de Chicken Tikka accompagnée d'une Veg Salad nous remettent d'aplomb pour aborder cette deuxième et dernière nuit à Delhi: en effet, les billets de bus (touriste) pour Macleod Gang (la mecque des hippies, dixit le Routard) sont pris pour demain soir.

Promis : les photos vont suivre...

samedi 4 janvier 2014

Day 1

Shelton Hotel - Main Bazar - New Delhi


Un voyage sans encombre, avec un air de nuit blanche. Marguerite au delà de la fatigue. Et une arrivée en fin de nuit au coeur de New Delhi, dans le quartier de Pahar Gang. L'atmosphère est emplie de l'odeur de feu de bois, sans que l'on sache si le brouillard est du à la pollution ou à l'hiver. Je m'attendais à un boulevard, mais l'hotel donne sur une rue qui a l'air bien tranquille à cette heure matinale. En attendant que le préposé accomplisse les formalités d'usage, je prends l'air. Les rickshaws entament leur ronde, me hélant au passage. Une vache passe son chemin, s'arrêtant à quelques pas pour se nourrir de quelques déchets. Quoique ensommeillé, mes sens cherchent à retrouver des repères. C'est trop calme.
Notre chambre n'étant pas libre, on nous propose une double pour nous reposer. C'est déjà sympa. Nous nous retrouvons à quatre dans un lit, et votre serviteur allongé sur une couverture à même le sol essayant de trouver le sommeil, alors que la rue commence à gronder. Nous sombrons bientôt dans un coma de quelques heures baigné par le vacarme de klaxonnes, de musiques et autres cris de la rue, qui nous rappellent de façon définitive où nous sommes.
Et j'y suis bien.

Les réflexes peinent à revenir, et nous nous retrouvons dans un restaurant plutôt conseillé par le Routard, donc adapté à des palais délicats. Bof ! Faisant fi de la fatigue qui nous assaille à nouveau, nous repartons vers Old Delhi la populeuse. Je me perds et préférons tester le nouveau métro pour atteindre Chandhi Chowk, à proximité de l'ancienne gare. Evidemment, nous sommes déjà très sollicités (notre air hagard et hésitant ne doit y être pour rien), mais l'attitude est serviable et les recommandations fiables. Je m'étonne du nombre encore très important de cyclo-pousses, et de la pollution à laquelle nous ne sommes vraiment pas habitués.

Notre errance devient hallucinatoire, sans but, alors que nous approchons du Fort Rouge, à qui marque l'est de Old Delhi. Nous nous laissons tentés par les omelettes au piment, qui sont servies avec ou sans pain de mie. C'est délicieux  ! Ce sera notre plaisir de la journée.
Nous mettons presque une heure à revenir sur Pahar Gang, étouffés par la fumée des pots d'échappement et agressés par la fureur des klaxonnes, dans une circulation dantesque. Tous les engins roulants s'y côtoient, se frôlent, les conducteurs semblant résignés dans l'ensemble. Evidemment, on a vu des dormeurs au au milieu de la voie, on a été abordés par des mendiants aux membres désarticulés, mais là où nous nous trouvons, point de Ferrari.
Ce faisant, tous nos interlocuteurs s'accordent pour s'étonner de notre départ vers Dharmsala, "too cold..."

20h15, et nous sommes parés pour une nuit que nous espérons réparatrice
Demain des photos

mercredi 1 janvier 2014

Adieu la Bretagne, bonjour l'Orient !

Saint Malo Beach, le 1er janvier 2014






Demain, nous épaulons nos sacs à dos, et filons vers Paris. Leur contenu a été étudié avec minutie. Séverine les a fait et refait; consulté plusieurs fois le médecin pour réduire au maximum les trousses à pharmacie dont nous ne nous sommes jamais beaucoup servis, mais qui pourraient nous sauver; au cas ou...
Nous pensions basculer définitivement vers le numérique avec les liseuses; mais l'attrait du papier a encore eu raison de notre désir de lire. Les livres s'imposent encore à nous comme des compagnons de voyage, dont la matière se prête aux échanges et aux souvenirs. Quelques kg en plus malgré tout !

Nous laissons Edgar à ses obligations scolaires, mais entre de bonnes mains. Signe du temps qui file et des occasions qui ne se représenteront plus. En tout cas pas dans les mêmes termes. Voyager, c'est s'arracher à la sécurité de son quotidien pour se laisser porter par le vent du désir et des rencontres. Cela peut être aussi un déchirement, même si le mot peut paraître fort. Nous repartons avec tous nos souvenirs et il a toujours été présent dans nos aventures. Nouvelle configuration de famille avec deux ans de plus que lors de notre dernier départ pour le Laos.

D'autres attentes sans doute, d'autres questions aussi. Et déjà, alors que l'itinéraire peine à se dessiner, des envies subites, comme d'aller voir les contreforts de l’Himalaya, et pourquoi pas en séjournant quelques jours à Macleod Gang, Dharmsala, chez le Dalaï Lama... Le Punjab et Amritsar, capitale des Sikhs,  ne seraient pas si loin avant de redescendre vers Varanasi... Pourquoi pas ?
Le premier arrêt à Delhi sera pour la gare et ses milliers de destinations. Alors, nous déciderons.


samedi 1 juin 2013

Régate des Zèbres, 1er juin 2013, à bord du Malamock



Inoui ! Tempête de ciel bleu assorti d'une bont vent de Noroît établi
Nous assistons à la remontée de la Rance, au près serré, d'une flotte de 50 bateaux au bas mot
Les bords sont courts, et les refus de priorité ont entrainé au moins une collision spectaculaire
Les 20 muscadets sont affutés et les équipages concentrés
Un tableau saisissant qui ne semble attirer personne : aucun bateau à moteur de spectateurs, qui pourrait profiter de cette belle régate pour redécouvrir le merveilleux estuaire de la Rance...



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jeudi 9 mai 2013

La saison démarre bien

Saint Malo Beach, le 7/7/13

Hier, nous étions déjà contents de ramener une prise, mais avec la frustration de n'avoir pu profiter de la marée. Les gros courants générés par les turbines du barrage doivent être pris très au sérieux.





En revanche, aujourd'hui, nous sommes presque à l'heure pour l'étal de la marée, et nous profitons d'une bonne heure sur des fonds très variés pour ramener une pêche qui arrive comme un encouragement . Mes papilles fondent d'avance...



après distribution et cuisson voilà le plat :



mardi 7 mai 2013

Émotions d'un jour comme les autres

La Haute Flourie, Saint Malo Beach




Treize heures ! Les tâches ménagères de la matinée sont à peu près derrière nous. Une plongée en Rance est planifiée. En la famille et les invités du jour, nous sommes dix à table. Les fragments de conversations fusent. Un sentiment d'urgence y règne, sans que je puisse comprendre en quoi cela serait justifié. 
Dernier arrivé, je suis à peine installé que j'aperçois un homme s'avancer vers la porte d'entrée. Le pas est décidé, porté par une allure déterminée. 70 ans environ. Je me lève pour aller à sa rencontre et probablement lui ouvrir la porte d'entrée. Je n'en ai pas le temps. Les coups qu'il frappe sur les carreaux  résonnent encore qu'il abaisse la poignée et pousse la porte. 
J'ai appris à ne plus m'en formaliser, même si je préfère toujours que l'on attende que j'ouvre la porte pour être invité à rentrer.
J'observe immédiatement son regard, posé sur l'escalier, au fonds du vestibule; comme hypnotisé. L'homme se tourne enfin vers moi alors que je lui adresse la parole. Sans préambule, il m'apprend qu'il est sous le coups de l'émotion : il a habité cette maison toute son enfance, et n'y était pas revenue depuis. Il me L'escalier est là, il en gardé un souvenirs précis, autant que diffus, contenant d'une émotion beaucoup plus large; presqu'une "madeleine". Et je n'aurais sans doute aucun mal à remplir des pages pour décrire ce qui se joue derrière le regard qui vibre devant moi.
Je ne peux malheureusement pas l'accueillir dans ces conditions; trop pressé. Au bout de cette minute pendant laquelle beaucoup de choses se sont dites, je ne peux que l'inviter à repasser le seuil de sa maison, quand nous aurons le temps de raconter son histoire.

Une heure plus tard, Malamock à la proue soulevée par le vent de nord, et nous nous dirigeons vers la pointe de Cancaval. Une demi heure dans l'eau, c'est court - je sais ! - mais suffisant pour vérifier que les araignées sont arrivées. Bien assez pour apprécier des fonds accessibles et riches de quelques poissons, coquillages et autres reliefs habités d'une flore foisonnante.

What else... 

jeudi 25 avril 2013

Ouverture de la saison



Enfin ! Après dissipation des brumes matinales, tempête de ciel bleu, et remontée des températures.
Le printemps nous donne enfin de quoi espérer. Nous en profitons pour filer dans la baie avec un Malamock tout beau tout prêt pour la saison.

La journée est étrange. Nous échouons sur Harbour, le temps d'un bon pique nique et d'une sieste réparatrice. Dame brume joue avec nous et nous retrouve, nous laissant comme isolés du monde sur une île déserte loin des côtes. Malgré cela le soleil darde ses rayons et nous brule pour nous laisser marqués par les premieres brulures.
Un désagrément, certes, mais tellement bienvenu, comme le signe effectif de la fin de l'hiver...
 
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dimanche 24 mars 2013

Arrivée à Istanbul





Evidemment, on peine à réaliser ce qui surprend le plus. Alors, on marche et on laisse son regard errer et s'arrêter. Sur les chats, qui remplacent ici les chiens dans d'autres contrées. Ils se ressemblent tous et l'on en croise beaucoup. Les seuls chiens que j'ai croisés sont des pitbulls et cela aussi m'étonne. 
Afin de prendre ses repères, nous déambulons quelques heures autour d'Istiklal, découvrant les rues très touristiques, même si la foule qui envahit les terrasses dans ces endroits, n'est pas marquée par son teint blême, au contraire. Le charme vient plus des ruelles et autres impasses disséminées entre deux immeubles, où l'on découvre une multitude de cafés qui sont autant d'invitations à écouter la ville et les gens qui l'habitent. Surtout dans ce quartier, marqué par une vraie modernité. Jusque sur les murs qui sont un territoire d'expression insolite; y compris pour des motifs politiques. On ne peut pas oublier que nous sommes en terre d'islam, alors qu'à intervalles réguliers, le muezzin vient lancer sa mélopée pour appeler les fidèles à la prière.
Mais les jupes, talons et couples que nous croisons nous font penser que la réalité est complexe et ne peut être réduite à des clichés. Même si Recep Tayyip Erdoğan et l'AKP, ont imprimé une nouvelle voie à la Turquie, en ramenant l'islam au premier plan.



Vivement demain !


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mardi 12 mars 2013

Tempête de neige au bord de l'eau


Saint Malo, le 12 mars, minuit vingt

Le vent souffle sans discontinuer depuis hier soir. Après une grosse journée de pluie, accompagnée de coups de tonnerre, la température a chuté. Samedi, je passai l’après midi à tailler les rosiers en bras de chemise. Dimanche, je rentrai du bois pour approvisionner la cheminée. Les mauvais augures annonçaient des chutes de neige. Je n’y croyais pas et rejetais ces divagations, pourtant soutenues par Météo France. Cet après midi, pourtant, alors que je m'aventurai à l’extérieur pour effectuer quelque tâche ménagère, je sentis les coups plus durs de la pluie qui se mélangeait de grêle. Il ne fallut pas plus d’une heure pour que celle-ci laisse place à une véritable tempête de neige. Revenu dans mon bureau que j’avais pris soin de chauffer auparavant, je contemplais la transformation du paysage.



Les grandes fenêtres d’atelier permettent à mon regard d’embrasser en enfilade la Sainte Barbe - l’atelier de Séverine - la maison dans son ensemble et au dernier plan, the Watchman, entouré du grand tilleul et du mimosas. Celui-ci est en train de perdre ses dernières boules, à mon grand dépit, puisque j’en vois à tous les coins de rue, encore resplendissants. Tout devint blanc. C’est peu dire que nous ne sommes pas habitués à cela. Passe encore pour le vent, quoiqu’avec cette force, il arrive généralement du sud ouest. Là, on sent la brise glaciale de la mer du Nord qui nous assaille en direct du nordet. Brrr ! Ainsi, le vent transporte les flocons, les balance en tous sens, dans un tourbillon de particules blanches, secouant dans le même temps les arbres et les bambous, ensevelissant les pousses des pivoines. Pourvu qu’elles ne prennent pas froid.
En fin d’après midi, je dois me rendre dans une station service afin de remplir mon réservoir. Le Defender pourrait devenir très important demain. Délaissant derrière moi le parc de la Briantais, je déboule sur le boulevard de la Rance et constate, qu’à l’instar des collégiens et lycéens à qui on a demandé de quitter l’école dès ce midi, les travailleurs quittent leur lieu de travail en masse. Les voies de sorties de Saint Malo sont bouchées, les véhicules à l’arrêt. Dès qu’une côte se présente, j’assiste à des patinages, des glissades, dont certaines se sont fatalement terminées par des froissements de tôle. (le vent gronde toujours dehors et comme toujours, j’appréhende le grand “crac !” d’un arbre qui tombe). C’est la première fois que j’assiste à une telle pagaille dans cette petite ville.
Une ambiance légèrement cataclysmique qui sonne comme le début d’un roman ou la reprise d’un blog.

Je vais reprendre la lecture de “L’art français de la guerre”, le Goncourt 2011. Le livre m’a intrigué lorsqu’une cousine de l’auteur m’en a parlé en des termes retenus. Ils m’ont fait penser à certains commentaires sur les “Bienveillantes”, proférés par des lecteurs n’ayant pas lu le livre. Et je suis maintenant dedans. Encore un achat effectué chez mon marchand de tabac. Un seul présentoir, et déjà pas mal de bouquins trouvés dessus, dont je garde le souvenir; ce qui n’est pas si mal. Ce pourrait même être mon premier critère d’appréciation, tant il est vrai que ma pauvre mémoire ne retient que très occasionnellement le titre et même le contenu des lectures qu’elle engrange. Je jalouse toujours les uns et les autres, capables de sortir des tirades ou de raconter une histoire.

La Haute Flourie, bénie par son mimosa



Merci à François Xavier et l'un de ses nombreux Polaroïd


 

lundi 4 mars 2013