mercredi 25 février 2009

Mon clavier, enfin !

C'est bon signe : depuis dimanche, j'ai souvent repensé à la teneur de mon prochain "post".
Certaines remarques, en off, m'ont été adressées pour me signifier que l'intérêt de ce blog résidait pour le moment dans le chantier.
On se recentre donc...
Et on retrouve sa maison, on la regarde à nouveau en tachant de ne pas prendre pour habituel et commun, toutes ces menues occupations de la journée, qui touchent, en somme, à sa redéfinition.

Il en va ainsi du contenu des deux premières journées de cette semaine : la reprise du chantier de la voute. Afin de se faciliter la tâche, nous avons décidé, avec Laetitia, de retrouver sa bétonnière, laissée chez une de ses amies, à la campagne, bien loin tout de même. J'en ai profité pour organiser une tournée à la déchetterie, qui était plutôt sur notre route. Un moment que j'appréhende, un des employés me menant la vie un peu dure, au vu des chargements hebdomadaires ou plus que j'effectue avec, à chaque fois, un camion douloureusement chargé. Soit, une bonne dizaine de chargements, et de déchargements ! Je passe les détails du contenu, simplement pour dire que ce n'est pas le plus drôle sur un tel chantier.
Quoi qu'il en soit, nous avons du continuer à faire nos gâchées de mortier à la main, car une des pièces de la bétonnière s'est avérée défaillante. Quel travail !!! J'étais à peine rentré à la maison que je sentais poindre des courbatures, et plusieurs seulement dans le bras. Qu'on se le dise, projeter du mortier à la chaux sur des murs en èspérant que ceux-ci soient bien humidifiés, mais pas trop; en surface seulement car la maçonnerie se doit d'être sèche. A défaut, on se retrouve avec des traces de carbonate, résultat d'une chimie entre la chaux et l'eau, d'après ce que j'ai pu... entendre, mais pas forcément retenir, comme on le voit ;-)
Chaque mur reçoit un traitement différent, en fonction d'une part de l'apparence de sa surface actuelle et de celle qu'on souhaite en résultat, et d'autre part, de sa constitution. Nous avons en particulier ce petit mur qui ferme la voute sur le pignon sud ouest. Visiblement rajouté, il n'est en fait composé que d'un moellon, un simple mélange de terre avec de la pierre ordinaire. Aucun parement, ni d'un coté ni de l'autre, qui vienne soutenir, ce qui constitue habituellement l'intérieur d'un mur. A voir sa fragilité apparaître au fur et à mesure que nous essayions d'oter l'enduit en ciment qui le fermait, nous en avons déduit que c'était justement cet enduit extrêmement rigide, qui le maintenait en place. Et bien, pour le renforcer temporairement, car il sera de toute façon abbatu et remplacé dans un avenir proche, Laetitia à imaginer intégrer du lin dans la première couche de mortier. Déjà, là, c'était spécial. Et la suite est un vrai régal, à commencer par la satisfaction de travailler avec un matériau naturel, dont l'application reprend des gestes portés par de nombreuses générations, qui sont notamment passées par la Haute Flourie.
En ce sens, la voute est sans aucun doute l'un des chantiers emblématiques de la maison. C'est à l'aune de cette filiation que j'apprécie de retrouver les vieux planchers, usés, rapiécés pour certains, de guingois même, trouveront certains. Et les cloisons en bois...

A tout moment, d'ailleurs, c'est un élément que l'on retrouve : le bois !
Ce qui nous amène directement avec l'autre sujet de la maison : son jardin. A force d'y travailler, on commence aussi à s'y intéresser, et même à s'émerveiller de ses richesses. On m' a aidé, bien sur. Nos sympathiques compagnons du dimanche, d'abord et bien sur, qui me transmettent la joie de prendre soin de son jardin, et l'expérience qui va avec : précieux. C'est en leur compagnie que j'ai découvert cet espace, et j'ai pu le circonvenir encore mieux en en faisant le tour avec des élageurs. Des personnes à chaque fois très agréables, comme s'ils recevaient quelque chose des arbres, avec lesquels ils sont en contact quotidien. Aucun arbre sauf quelques hésitations, ne résiste à une définition. Un arbre à une origine, souvent importée : cèdre du liban, cèdre de l'himalaya, ginko biloba; un arbre à une floraison, à une écorce, une longévité, une vivacité, et tant d'autres épithètes qui vont entrer dans des choix parfois difficiles. Compte tenu de la densité et de la multiplicité des essences (liquidambar, cuprésus, tilleul, hibiscus, épicés, pins noirs, boulots, platane, ...) Notre saule, magnifique, impose par sa prestance et donne volontiers son identité à ce jardin. Il méritait à ce titre une mention à part.
Comme de nos fruitiers : poiriers, cerisiers, pêchers de vigne, noyers, arbousiers, qui renvoient au plaisir de goûter au fruit lorsqu'il tombe à peine de l'arbre...
Vivement le printemps, dont ces belles journées sont comme un avant-goût...

Il y a tant encore à faire...


P.S. l'agencement et la peinture sont désormais en rythme de croisière; l'étape de reconfiguration est pleinement en route. Je suis déjà impatient, même si je sais pertinemment que la première grosse tranche de chantier est loin d'être terminée.