mercredi 11 janvier 2012

Sabaïdee ! (bonjour)



Luang Prabang – 10 janvier

Les journées sont bien remplies et fatiguantes. Nous sortons relativement tôt, vers 8h, mais nous n'avons toujours pas assisté à la procession des moines. Notre mise en route est encore un peu lente. Nous effectuons ensuite notre tour du marché pour acheter fruits et légumes de la journée et absorber notre soupe. Séverine continue de préparer de délicieuses purées, mais Marguerite préfère de loin se réserver pour picorer dans nos bols. Son alimentation est devenue assez irrégulière de ce fait, et elle prend l'habitude de se nourrir de n'importe quoi, n'importe quand.

Le point d'orgue de ces dernières journées a été atteint lors d'une marche dans les faubourgs de la ville, à la recherche d'un hameau rassemblant plusieurs tisserands. Sur ces chemins de terre, nous avons pu cotoyer des populations beaucoup moins favorisées que les habitants du centre. Les métiers à tisser ne nous ont pas passionné ; sans doute l'habitude ! La poussette a rendu l'ame et nous allons devoir improviser une réparation si nous voulons continuer à l'utiliser. En revanche, nous avons enfin jouer nos premières parties de pétanques avec des locaux. Après la période coloniale, c'est resté un sport très pratiqué. On voit régulièrement des sortes de cafés restaurants avec un terrain jouxtant la case. Pour nous, ça a été évidemment mémorable. Après une matinée de marche, nous nous aprêtons à rentrer pour déjeuner au Dyen Sabai, un restaurant très accueillant du fait de sa cuisine, mais surtout par ses tables basses entourées de matelas, au milieu d'une forêt de bambous, surplombant la rivière Nam Kham. Arrivés à un croisement, j'aperçois un homme qui ratisse consciencieusement son terrain de pétanque, je l'interpelle pour prendre une photo. Le tableau me plaît, avec le brasero sur lequel finit de cuire le riz gluant et ses petits tabourets.
 Nous rentrons. L'homme est réservé, contrairement à sa femme et sa fille, qui amènent vers Marguerite un petit garçon. Finalement, je propose une partie avec le jeune homme, qui doit être le gendre du mâtre des lieux. On eut aimer acheter quelque chose à partager, mais ils n'ont preque rien, et surtout ne parlent pas un traître mot d'anglais. Nous allons passer deux heures à goûter cette hospilatité sincère et joyeuse. Nous jouons avec eux, et avec des enfants, qui se sont rapidement attroupés au bord du terrain.


Bientôt les filles ont faim, et ils partagent avec elle le riz gluant, « sticky rice », qui constitue la base alimentaire des laotiens. La préparation est relativement simple, ont met le riz dans des panniers coniques, tressés en feuilles de bambou, qui sont posés sur des marmites au dessus d'un brasero en terre, éventuellement consolidé par une armature métallique. Il se mange évidemment avec les doigts, la matière étant congruante.
Mais il est bientôt temps de reprendre la route, et nous nous promettons de chercher des boules de pétanque, qui constitueraient sans doute un précieux présent pour cette famille, visiblement très pauvre. Mais généreuse.




Auparavant dans la matinée, nous avions sacrifié à l'un des rituels touristiques de la ville : la visite de l'ancien palais royal. La superficie de l'ensemble est restreinte, à l'image de la la ville, n'excédant pas quatre hectares, dépendances comprises. Trois édifices composent l'essentiel : le théâtre, la grande salle du trone, qui ressemble à un Vat – un temple – et que nous apercevons de notre chambre, pour finir par l'habitation. L'ameublement et la décoration oscillent entre la couleur locale, très chatoyante avec une prédominance de feuille d'or et de scènes sculptées, et un ensemble art déco, voire très 50's, datant du dernier roi. Une grande maison, avec de vastes pièces certes, mais loin de nos palais royaux à la française. De fait, le Laos est un petit royaume sans richesse. On le mesure aussi à la collection des cadeaux reçus par le roi, très simples. On s'étonne de l'interdiction de photographie d'une « collection de voitures », en fait trois Lincoln, une DS (signe du passage d'une vassalité à une autre) et un vieux Toyota BJ, devant lequel trone un hors bord, hors d'age, offert par le Canada. Incongruité d'un régime fermé qui rechigne à ce que les anciens signes royaux soient rendus visibles. Heureusement, les talibans n'étaient pas encore là, et toute la richesse architecturale a pu être préservée au lieu d'être détruite purement et simplement.
Cette visite provoque une sorte de nostalgie pour une époque désormais révolue. Même si, ici, la guerre a laissé des traces durables, la culture et une certaine simplicité, voire une proximité laissaient un goût d'aventure et de rêves.

Désormais, ils ne concernent plus que le business, ou peu s'en faut...








Il ne faut pas oublier la classe. Le rythme est à peu près fixé à deux trois heures par jour, matin ou après midi, en fonction de l'emploi du temps et tous les jours. Nous sommes attablés sous la véranda, qui donne sur le trottoir. Dans cette atmosphère singulière, nous enfilons les chapitres de mathématique, de physique, d'anglais, de français ou d'histoire. Il nous a fallu un bon paquet d'exercices pour assimiler le fonctionnement des racines carrées ou la distinction des propositions en français. Les fractions et les tables de multiplication sont passées plus facilement. Quoiqu'il en soit, si nous maintenons ce rythme, nous ne devrions pas accuser trop de retards en rentrant.



En franchissant la frontière nous sommes revenus à un pays ou l'automobile est encore rare. On y cotoie plus de minibus et surtout de Honda cube, ces motocyclettes qui ont régné en Asie du sud est pendant des décennies. Aux heures de pointe, sur les routes ou à la sortie des écoles, c'est encore sur ces engins que tout le monde se rend au travail, à l'école, à trois ou quatre... L'allure est très modérée, comme si rien ne pressait.




 En milieu de soirée, devant moi, alors que je tape sur mon clavier, j'entends surtout le bruit des insectes dans le parc du palais, de l'autre coté de la route. Les femmes se renvoient les commérages, de loin en loin. Les moteurs quatre temps des hondas ou des tük tük qui pasent au ralenti viennent rythmer la soirée qui s'écoule lentement, alors que les touristes, anglos saxons pour la plupart vont et viennent. Le calme règne. Ici, point de bars avec des sonos hurlantes et des vamps qui vous accrochent, ni de frénésie d'achat. Les stands sont là ou pas d'ailleurs. La description ne serait pas complète si je ne mentionnais pas le bruit des claquettes.
Il faudrait aussi faire allusion aux vélos, qui ont refait leur apparition. Ils sont neufs, de fabrication chinoise ou de marque américaine – mais fabriqués pas si loin. Ils sont aussi à propulsion électrique. Et ils sont plébiscités par les touristes, qui au moins dans les pays occidentaux, ont adopté ce moyen de locomotion de façon courante, à ce qu'il semble.

Nous avons décidé de lever le camp après demain. Nous devons encore choisir entre l'option bus de nuit ou de jour, pour une bonne journée de trajet. Direction Vientiane, en laissant de coté Vang Vien, décidemment trop pollué par les hordes de jeunes australiens et autres, venus là pour les « full moon parties ». Même si le programme sportif est alléchant, il ne conviendra pas à toute la meute.
Demain, on fait nos adieux...









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dimanche 8 janvier 2012

Quand on perd la notion du temps

Rimwang Guest house, 22h30

Nous venons de trier les photos de ces deux derniers jours. C'est long. Cependant, nous y prenons plus de plaisir qu'en Thaïlande; et c'est normal. En arrivant à Luang Prabang, nous avons terminé notre période probatoire. Nous aurons eu besoin d'une bonne dizaine de jours pour trouver notre rythme, pour fluidifier les  rouages de notre mécanique collective, pour, ainsi que le disait Kim : "keep on going and let it loose"... Ainsi, aucun de nous ne peut s'avancer à se prononcer sur la date, ni même sur le jour lui-même. Ce qui nous absorbe, c'est la respiration de chacun, la manière dont il bouge, les humeurs qu'il faut partager pour qu'à chaque instant, on se sente bien. Ce partage, cette promiscuité, pour reprendre l'un des thèmes évoqués par Séverine, nous amène à nous respirer les uns les autres, d'une manière quasi animale : cela se passe souvent de mots mais la sensation et les émotions sont bien présentes à chacun.

Nous nous plaisons dans cette ville qui respire un air provincial, quelque peu endormi. La vie y est bercée, pendant la saison, par le va et vient des touristes. La plupart sont des "backpackers", des routards, mais tous possèdent des cartes de crédit, si l'on en juge par les prix pratiqués; toutes choses égales par ailleurs, bien entendu. Après quatre jours de présence, il ne doit pas rester beaucoup de nos compagnons de voyage de la descente du Mékong. Quant à nous, nous restons là. La chambre des enfants nous offre une belle vue sur les jardins de l'ancien palais royal, reconverti en Musée depuis la chute du roi, en 1975. A main droite, la rue descend vers le fleuve, que surplombent de nombreuses terrasses de restaurants, dont le Big Tree Cafe, qui constitue notre plus délicate expérience gustative. Mention spéciale pour le Chicken Orlam !  A main gauche, nous regardons le mont Phousi; une belle colline plantée au milieu de la vieille cité, derrière laquelle on retrouve la rivière Nam Kham. Au pied du Phousi, nous croisons la grande rue qui traverse le quartier de part en part, jusqu'à l'embouchure de la Nam Kham. 

Tous les jours, en fin d'après midi, alors que nous terminons la classe, notre rue ainsi que le boulevard sont fermés à la circulation pour laisser la place aux étals des marchands de souvenirs. Ces femmes arrivent, qui avec une charrette derrière leur petite moto, qui avec leur mari, ce dernier s'empressant de repartir bien vite, une fois les colis débarqués; ou simplement avec leur gros sac en arrivant dont ne sait où. Aucun lampadaire n'éclaire cette scène qui s'arrête immanquablement à 21h30. C'est l'un des charmes de ce théâtre nocturne : il est éclairé par une multitudes de lampions et de lampes qui sont accrochés au dessus de chaque stand. Nous commençons à nous reconnaître avec certaines de ses vendeuses. Il faut dire que nous parcourons presque tous les soirs ce vaste marché, puisque nous allons dîner dans une ruelle, qui se trouve à l'opposé du palais.  Sur une bonne centaine de mètres s'alignent des gargottes, qui proposent tout un assortiment de plats laotiens. On s'y régale facilement en côtoyant d'autres travellers sur de grandes tables alignées le long des murs. Et ce n'est pas un mince plaisir que de réaliser qu'au bout de quatre jours seulement, notre présence est déjà remarquée par certains, Marguerite étant un marqueur précieux, qui nous permet d'être encore mieux identifiés.

Le marché du matin est aussi devenu une destination obligée où nous trouvons les légumes pour les repas de mademoiselle, des gauffres comme premier encas, et notre première soupe aux nouilles. 

Cette atmosphère combinée avec son architecture coloniale bien conservée, qui contraste avec les dégâts que nous avions eu l'habitude de constater en Inde, font effectivement de Luang Prabang un lieu de prédilection pour notre petite meute. Le climat y est en outre tempéré et salubre. Le matin est nimbé d'une brume qui ne s'éclaircit qu'en milieu de journée, pour laisser place à des après-midis chaude et ensoleillées. C'est le moment parfait pour se retrouver auprès d'une des cascades qu'on trouve à proximité : poussés par les garçons d'abord, nous avons donc expérimenté les chutes de Tat Sae. C'est vraiment mieux que sur la photo. Aucune infrastructure d'accueil, et vous vous retrouvez devant des bassins plus ou moins profonds étalés sur plusieurs niveaux, recevant une cascade principale haute de plus de 30 mètres. On pense immédiatement aux publicités de shampoings, en mieux ! Une sorte de jardin d'Eden en pleine jungle, fréquenté par quelques routards, trop heureux de tomber le short pour s'élancer d'une liane dans les remous vivifiant d'une eau claire, couleur d'émeraude blanchie par la pierre calcaire sur laquelle elle s'écoule. Cependant, nous devions aussi contenter Hortense, qui rêvait de monter sur un éléphant, activité que nous avions repoussée à Chiang Maï. Nous nous y sommes rendus aujourd'hui, auprès des chutes de Tat Kuang Si. Celles-là sont moins sauvages, quoique...

Nous touchons donc au but. Et nous risquons certainement de prolonger notre séjour ici, pour profiter de la nonchalante tranquillité qui nous submerge. Nous faisons de belles rencontres, fugaces, avec, souvent, un petit mot qu'il faudrait retenir, comme celui de Timothy M. Leonard, qui incite les enfants à regarder "out of the box" et leur prononce un  "follow your dreams, man !"...








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les photos pour voir...


L'un des stands de rue que nous avons élu pour notre "petit déjeuner". Nous nous faisons la réflexion que les enfants doivent être faciles pour accepter ce régime, qui déroge quand même sérieusement à nos habitudes alimentaires





Quand je parcours fièrement les allées du marché matinal, au bras de mon petit moineau, paré de symboles qui ont encore cours ici; nous sommes dans une démocratie populaire. Souvent, nous laissons Marge s'égayer déambuler : elle s'arrête à certains stands, interpelle les marchandes, et se fait immanquablement des amies...





Théodore en pleine action, au moment de lâcher la corde pour plonger. Outre le paysage, le plus surprenant est aussi la température de l'eau, vraiment très agréable. On peut imaginer le bonheur de se baigner ainsi, en pleine nature, sans traces, ou presque d'aménagements humains.

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jeudi 5 janvier 2012

Le voyage de Séverine


Les premières phrases que j'ai lues en démarrant ce périple, je les ai trouvées dans une revue ramassée dans l'avion. J'ai envie de vous retranscrire quelques phrases de ce texte, écrit par Sylvain Tesson, in « Le sens du voyage » :
« Le voyage invite à conquérir l'essentiel. Le plus court chemin vers soi-même conduit d'abord autour du monde. Qu'est ce que l'essentiel ? C'est de ne pas rater notre rendez-vous avec nous-mêmes, avec le temps, avec l'espace, avec les autres. Voyager offre à s'amender. En voyage, on se frotte l'âme et le corps. Partir décape. Le mouvement métamorphose les âmes vagabondes. Voyager inspire. Les tourments s'évaporent et les pensées affluent. Quand on cherche une idée, ne se lève-t-on pas poru faire les cent pas ? Vous voilà libres comme l'air, le temps se dilate. Au retour il vous semble avoir vécu une existence entière.
En voyage, l'insignifiant se fait essentiel. Partir, c'est vivre beaucoup. »






En lisant ces lignes, j'ai à nouveau réalisé la chance que nous avions de vivre une telle expérience avec nos quatre enfants. Nous sommes exposés au hasard, à l'inattendu, à l'imprévu ; cela réclame de s'adapter à chaque instant au lieu et aux situations que nous traversons. Cela soude la famille en la destabilisant en même temps. Sortir de notre routine et de nos existences personnelles décuple nos sensations, nous sort de notre torpeur. Les enfants de leur coté nous ouvrent les yeux avec leurs regards plein de fraîcheur et de curiosité sur le monde et sur les gens. Toutes les différences que nous rencontrons nous incitent à la tolérance, à l'ouverture d'esprit et leur fait prendre conscience de la beauté du monde. Le monde est plus proche quand on le parcourt de cette manière, nous semble-t-il.
Par ailleurs, les enfants nos permettent d'être accueillis autrement. Nous nous retrouvons dans une situation de réciprocité ou nous allons autant vers eux qu'ils viennent spontanément vers nous, via Marguerite principalement.






Le voyage a commencé pour moi il y a longtemps avec la préparation logistique : les vaccins, l'organisation des bagages, les trousses à pharmacie (3 âges différents), et surtout Marguerite. Elle est la plus petite, mais elle prend le plus de place : baby-cook, pour lui composer des repas équillibrés et sains, le lit-tente-moustiquaire, les couches, le lait, le sac à dos, la poussette, sans oublier le goupillon, les biberons, l'économe, le produit vaisselle, les bacs en plastique pour stériliser les biberons. Sans oublier tout le chapitre relatif à la scolarité en essayant de s'organiser pour que les cartables soient les moins encombrants possibles.
Maintenant, au quotidien, dès que nous nous déplaçons, il faut réorganiser les sacs, les ranger et se souvenir de la place attribuée à chaque chose (4 gros sacs, 5 petits sacs à dos, la poussette et Marguerite...). J'en perds parfois les pédales.

Heureusement, Marguerite est très facile : elle dort n'importe ou, même dans les tük-tüks, elle ne peut passer un repas avec nous sans vouloir gouter à tout ce que nous mangeons (heureusement la plupart des plats ne sont pas épicés ; c'est à chacun de le faire à sa façon). Quelle joie de l'avoir collée à soi toute la journée, et chacun en profite.
Hortense n'est plus la petite dernière qui jouissait de cette attention, lorsque nous étions en Inde. Elle en souffre un peu, s'autant que ses frères la taquinent sans arrêt. Néanmoins, elle suit sans broncher et ne se plaint jamais. A Chiang Maï, nous avons tous été nous faire masser à la prison pendant une heure et elle a savouré ce moment, et envisage maintenant de devenir masseuse.
Théodore est sans doute le plus sensible à l'inconnu et aux mousqtiques. Heureusement, plus de peur que de mal : on pensait être attaqué par des hordes, mais pour le moment, rien du tout. Il est tranquille et souriant.
Quant à Edgar, il a enfin décroché de son environnement pour se reconnecter avec lui-même et profiter pleinement de ce voyage. Ce qui nous réjouit pas mal. Il fait des progrès en anglais : hier soir, il s'atablait avec des chinois au marché pour déguster son plat et répondre aux questions de ses voisins.






Tous nos sens sont en éveil. C'est d'abord et avant tout notre vie de famille qui en est le centre, cependant, nous sommes ensemble focalisés sur les découvertes culinaires. On nous interpelle très souvent sur deux choses : les locaux sont étonnés de nous voir avec quatre enfants, et les voyageurs, de leur coté, nous demandent quel effet ça fait de voayger avec cette meute. Juste une réponse : que du bonheur, et je suis très fière. Le rythme de croisière est pris, en espèrant que le voyage se poursuive aussi bien.

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mercredi 4 janvier 2012

Vers Luang Prabang, sur le Mae Kong

Luang Prabang, le 4 janvier























Après une nuit correcte passée à Huay Xay, nous embarquons sur l'un des "slow boats", amarrés à quelques centaines de mètres du village. Bien entendu, le nombre de voyageurs dépasse largement le nombre de places assises. Une bonne heure sera nécessaire pour que les organisateurs acceptent d'affréter un nouveau bateau; et nous voilà partis, assis sur des sièges de mini-bus récupérés, bercés par le bruit du moteur, assez lancinant.

Cependant, nous avons tout lieu de nous réjouir de ce choix. Ces deux jours de navigation s'annoncent propices à une belle contemplation de la vie du Mékong : entre les pécheurs qui posent leurs filets, les familles qui se sont installés provisoirement sur les rives pour profiter de la fertilité des terres laissées à découvert par la décrue du fleuve. 



A vue d'oeil, la crue provoque une montée de plus de quatre mètres,sur plus de trois cents mètres en moyenne. Le courant est vif, et nous filons 9-10 noeuds. Je ne me risquerais pas à barrer le bateau sur lequel  nous sommes. D'une bonne quarantaine de mètres, le bateau, comme tous ici, ont un fond plat et un arbre à hélice presque horizontal, afin d'éviter les innombrables cailloux et bancs de sables qui parsèment le fleuve. Nous découvrirons à nos dépends cette réalité, quand, après avoir laissé quelqu'un sur le la rive, le pilote remet les gaz et bloque son arbre d'hélice dans des roches à fleur d'eau. Il faudra plus d'une heure pour "réparer" cette bévue, qui ne semble par ailleurs paniquer personne; au moins en apparence. L'arbre est démonté rapidement, et transporter sur le rivage ou des hommes s'occupent à le détordre entre deux rochers. Le safran, qui a souffert lui aussi, est repris par de gros coups de masse. Nous repartirons enfin, avec une nouvelle appréhension : une navigation de nuit ! de fait, compte tenu de tous ces retards, nous arriverons à la lueur des étoiles, et plutôt fatigués.
Làs, la journée n'est pas finie puisqu'il nous faut trouver une guest house. Je ne veux pas trop m'éloigner du quai pour ne pas avoir à porter les sacs trop longtemps au réveil. Mon choix se révélera catastrophique. 




Les chambres ont l'air propres et sont dotées d'une salle d'eau privative. Pour le prix, je ne dois pas demander mieux. Mais dans ma précipitation, j'oublie la première règle : toujours tester les lits en arrivant quelque part. Et là, nous sommes servis : ce ne sont plus des matelas, mais des alignements de ressorts qui grincent et vous  transpercent le corps. Mais pour le prix, c'est trop cher payé, et pour la première fois du séjour, je fais part de ma mauvaise humeur à la propriétaire en l'obligeant à s'asseoir sur son lit.
Les aléas; one day you win, one day you loose...


































Day 2 ! Le bateau sur lequel nous embarquons est plus grand, et surtout plus confortable : les sièges semblent provenir d'anciens bus et s'inclinent très largement et surtout, une porte nous isole du moteur. Cela ne m'empêche pas de penser aux locaux qui, eux ont des places réservées juste à coté du moteur. Une journée dans ces conditions, c'est l'enfer et il faut être rudement patient pour pouvoir le supporter. Edgar ne manquera pas de me faire remarquer cette femme qui a voyagé avec son nourrisson, qui n'a pas bronché...

Nous poursuivons toute la journée cette lente descente du fleuve, dominés de part et d'autre de la rive de hautes collines uniformément vertes;
Cette jungle a l'air impénétrable tant le lascis de lianes et d'autres végétaux qui enserrent les arbres la rendent touffue et opaque. Pourtant, nous observons régulièrement des bûcherons qui ramènent sur la rive de beaux troncs d'une grume rouge... Ils les transportent ensuite sur des barges prévues à cet effet.









Parfois, l'atmosphère se fait plus studieuse. Surtout pour Edgar, qui me reproche chaque jour de ne pas lui avoir fait découvrir plus tôt le Comte de Monté Christo, dans lequel il s'est plongé avec une voracité qu'on ne lui avait jamais connu. Théodore, quant à lui, est d'une humeur plus changeante, liée en particulier à son aversion pour les moustiques, qui le lui rendent bien. Hortense a fort à faire avec ses deux frères qui ne la ménage pas. Elle s'occupe bien de Marguerite et même si son humeur n'est pas égale, supporte très bien les conditions un peu spartiates que nous lui imposons. Il y a bien sur beaucoup plus à dire, mais je laisse à Séverine le soin de prendre la plume pour rentrer dans ces détails





Nous terminons notre journée sous la lumière chaude du soir, nous posant tranquillement devant l'embarcadère de Luang Prabang. La maison d'hôtes que j'ai réservée se situe à quelques centaines de mètres seulement. Elle jouxte le musée national qui se trouve dans l'ancien palais royal. Nous sommes dans le centre sur cette presqu'île qui rassemble tous les restes de l'ancienne architecture coloniale et royale. Un ensemble désormais préservé sous le patronage de l'Unesco. D'emblée, nous nous y sentons bien. 



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Huay Xay, frontière Laos, 1er janvier 2012



Une journée de bus, pour arriver à Chiang Khong, où nous pensions dormir. Nous découvrons la campagne thaïlandaise, ses rizières bien entretenues sur un relief valonné. La récolte est récente et les plants séchés sont brulés pour apporter des nutriments à la terre. Après cela, les rizières sont innondées et préparées pour le prochain ensemencement. Contrairement à Bali ou en Inde, tout ce travail est réalisé à l'aide de machines. Nous verrons d'ailleurs plusieurs tracteurs adaptés à ces travaux. Alors que nous nous dirigeons vers le nord, nous distinguons de mieux en meiux la chaine annamitique, au pied duquel coule le Mae Kong.





A l'arrivée démarre un marathon : je réalise que si nous voulons attraper un bateau demain matin, il nous faut franchir le Mékong au plus tôt, et donc franchir les deux postes de douane de part et d'autres du fleuve. Les deux douaniers n'ont de sourires que pour Marguerite. A l'instar de plusieurs postes frontières, il faut passer devant l'appareil photo, mais contrairement à celui de JFK Airport, les thaïs exigent que vous souriez.
Nous reprenons ensuite notre bardas pour embarquer sur le premier bateau qui se présente. Et nous profitons de retrouver le contact de l'eau. Comme nous allons passer les deux prochains jours sur le fleuve, je ne m'étendrais pas sur sa description. Reste que cette arrivée en fin d'après midi au Laos par ce poste frontière, où nous découvrons les premiers terrains de pétanque, est très marquant. La bourgade qui flanque ces rives ne vit que par le transit des touristes, et nous avons vite fait, une fois affranchies les formalités d'immigration (un peu lourde avec ces formulaires qu'il faut remplir pour nous six), de trouver une guest house. Le prix des deux chambres est dérisoire, et la propriétaire délicieuse, qui mélange le français et l'anglais. Pour la première fois, je retrouve le plaisir de la négociation pour arrêter le prix des billets du transport en bateau.
De fait, l'atmosphère est déjà très différente ici qu'en Thaïlande, et les premières impressions sont excellentes.
J'ai été passé commande des sandwichs pour le déjeuner en bateau. Nous allons retrouver des saveurs que nous avons connu au Vietnam : baguette, Vache qui Rit, carottes, salade, cocombre, piment et poulet... Beer Lao, petites bananes (qui constituent déjà nos fruits les plus courant), le tout servi dans des lunch box en polystirène afin de garder la fraicheur. Service impeccable.

Happy new year again to everybody!!
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samedi 31 décembre 2011

Chiang Maï - last day !

Le panneau qui est là signifie : "sortie"






Car nous sommes le 31 ! Ce soir nous allons dire adieu à cette année 2011. Une bonne année pour nous, bien chargée avec l'arrivée de Marguerite et les derniers chantiers de rénovation de la maison. Avec ce voyage en Asie, nous refermons un chapitre qui nous aura occupé depuis l'expédition en Inde. Quatre ans pendant lesquels nous nous sommes consacrés à la maison, pendant lesquels les enfants ont grandi et nous vieilli.

Ce soir, c'est la fête : une grande scène a été érigée sur les bords des douves. Des écrans géants diffusent des images des chanteurs et des animations graphiques pour exprimer les voeux de Chiang Maï. Les rues avoisinantes sont bloquées et envahies de marchands; toutes sortes de nourritures sont disponibles à profusion; la musique inonde les trottoirs au gré des bars et restaurants qui  se succèdent. Le long des douves, on achète pour quelques baths des lampions géants. On les tient d'abord pour que l'air chaud leur permette de s'envoler vers le ciel, qui est maintenant constellé d'étoiles qui bientôt s'éteignent.... Dans quinze minutes, les douze coups de minuit sonneront et des pluies de pétards et autres feux d'artifices réveilleront probablement Marguerite. Yeepeeeee !!

Pour cette dernière journée, nous nous sommes rendus dans les restaurants qui nous ont le plus marqués, avec une mention toute spéciale pour ce vietnamien dans lequel nous avons goûté tous les plats de la carte ; hot salad mango, fried mieng, le pho absolument délicieux (le bouillon étant servi à part), hot lemon grass salad, et j'en passe.


On retiendra aussi la culture du café, qui semble faire partie des rituels ici. On a évité les Starbucks pour se concentrer sur des coffee shop dans lesquels les enfants ont découvert le café au lait glacé et différentes variétés de thé glacé. Evidemment, nous ne faisons plus attention aux glaçons, qui refroidissent agréablement nos boissons, jusqu'à la Singha Beer !
Mention spéciale pour le Coffee Republic, un vieux Dodge tellement bien aménagé avec son percolateur et sa déco "so nice"




A côtoyer les enfants, j'ai l'impression que nous ressemblons déjà à ça, mais c'est pas si mal.



C'était une première semaine, pleine d'ajustements, pas si sereine que ce à quoi je m'attendais. Et c'est vrai pour chacun d'entre nous, hormis pour Marguerite qui jouit toujours d'une attention constante de la part de tous, y compris de nos hôtes. Bref, nous nous retrouvons peu à peu, jouissant de cette intimité dans un environnement que nous savons nous appropriés je crois; essayant de profiter de ces instants qui ne dureront pas mais qui resteront, je l'espère, gravés dans nos mémoires comme ceux d'une grande complicité.

Nous avons fixé les modalités du programme des prochains jours. Nous avons rejeté la formule du package qui nous aurait permis de voyager "organisé" jusqu'à Luang Prabang et préféré l'inconnu des étapes. Une concession toutefois avec l'option du mini bus pour nous rendre demain à la frontière au lieu du bus standard. Une fois sur place, trouver un logement avant de franchir le Mékong, obtenir les visas et des billets pour embarquer sur un "slow boat", qui nous emmènera à Luang Prabang en deux jours. 

Heureusement, nous avons pu réserver une guest house en arrivant là bas, pour deux jours, afin de voir venir.

Le moment est suffisamment singulier, vu d'ici, pour exprimer le bonheur que nous avons aussi à parsemer nos marches de pensées pour les uns et les autres. Ce n'est pas un vain mot, ce soir, loin de tous, que de vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année


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jeudi 29 décembre 2011

CHIANG MAÏ en vrac

Nice Guest House, Chiang Maï, 29 décembre

Difficile de trouver le temps pour écrire ou ne serait-ce que pour lire. Gérer, occuper ou nourrir quatre enfants  est un travail à plein temps, a fortiori quand rien n'est justement prévu, ni organisé. 




Le travail qu'on ne fait pas chez soi pour préparer son séjour et avoir la sécurité de son organisation, il faut le faire au quotidien quand on préfère la liberté de l'improvisation. J'ai du passer des heures sur le web pour trouver des adresses, dont aucune n'a fonctionné. En descendant du train, nous avons simplement demander au taxi driver de nous trouver un hotel ; ce qu'il a fait. Une adresse potable, avec une belle piscine, ce qui représente un plus. Cependant, au bout de trois nuits, nous décidons que c'est assez : les chambres ne sont pas assez grandes, l'hôtel trop bruyant pour entamer les séances de cours sereinement. C'est pourquoi, à défaut d'obtenir une réponse positive à mes demandes d'informations sur le web, nous sillonons les rues calmes de Chiang Maî, en croisant les doigts pour tomber sur la perle rare. Nous venons juste de la trouver : un hotel dont plusieurs chambres sont encore en travaux. Les volumes sont généreux, le mobilier et l'immeuble neuf ; le tout dans une rue calme entre le night bazar et la vieille ville, c'est à dire les deux poumons touristiques de la ville.


La vieille ville est une ancienne forteresse, entourée d'une ceinture carrée de hauts murs. Les douves qui les bordent sont remplies d'eau et longées par les grands boulevards, qui font donc le tour de cet Intra Muros local. Des musées, des temples et d'inombrables échoppes à touristes jalonnent les rues de cette ancienne capitale du royaume Lanna. Nous logeons à l'est des murs, à mi chemin du night bazar, en plein cœur du quartier « chaud » de la ville. On y retrouve tous ces bars à hotesses et autres salons de massage qui ont fait la « réputation » de la Thaïlande. Autant dire que notre petit convoi dénote un peu dans le décor. Les enfants ne s'étonnent plus de voir sans cesse ces hommes blancs accompagnés de jeunes femmes Thaïes ; sans toujours réaliser que ce n'est pas leur sex appeal qui leur permet cette fantaisie... Notre jeune male s'y laisserait presque prendre tant il est vrai que de se faire apostropher par de ravissantes jeunes femmes ne laisse évidemmment pas indifférent !


Ainsi, nous poursuivons nos longues errances, nous arrêtant de régulièrement pour une soupe de nouilles, pour un jus de fruit ou dans toutes échoppes de rue qui nous semblent prometteuses. Notre alimentation est un peu erratique de ce fait. A l'image des locaux, on mange peu à chaque fois, mais plusieurs fois dans la journée. Fort heureusement, les plats de base sont généralement assez peu épicés : chacun use des condiments, il y en a généralement quatre dont du sucre, à disposition pour relever les plats. Aussi, rester plusieurs jours « à demeure » nous permet de revenir dans les lieux qui nous plaisent. C'est évidemment vrai pour les restaurants, qui n'ont bien souvent qu'un seul plat à proposer, ou pour d'autres endroits, comme la prison des femmes, qui propose probablement les meilleurs massages de Chiang Maï.




Compte tenu des images qui nous restent de l'Inde, on est inévitablement frappé par la propreté de la ville ; et c'est vrai aussi de Bangkok, pour ce que nous en avons vu. Pas le moindre détritus dans les rues, un parc automobile quasi neuf, sans aucune marques européennes, pratiquement aucun mendiants et finalement très peu de personnes assis à ne rien faire, hormis les touristes omniprésents à Chiang Maî, y compris des représentants de plusieurs nations asiatiques. Les panneaux indiquant les taux de change en attestent. J'avais oublié combien tout est facile ici, et avec le sourire même s'il s'avère que ce dernier est souvent commandé. Mais c'est le lot commun des sites touristiques après tout. Cependant, le fait de se promener en famille et de préférer des lieux fréquentés par les Thaïs nous permet de goûter tout au long de la journée à cette gentillesse qui est un des traits marquants de ce pays.


Nous essayons de préparer notre trajet vers Luang Prabang. Nous avons prévu une halte à Chiang Raï, et espérons trouver un hébergement dans la campagne, afin de respirer un autre air que celui des gaz d'échappements. Un temps pour tout. Nous sommes impatients de ressentir le calme du repos, la douceur du temps qui passe au rythme de la contemplation et des marches sur les sentiers dans les rizières, si possible.




Nous visitons des marchés remarquables, aussi bien par la qualité des produits que par leur présentation. De fait, tout y est appétissant. Ici aussi on est loin de l'Inde et de certains aspects rudimentaires. L'organisation et l'hygiène prévalent à chaque moment.





Demain, nous ferons des photos de classe...
Et peut-être prendrons-nous le temps de recopier les recettes d'Hortense, véritables compositions, à moins que ce ne soit l'une de ses histoires ? 
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lundi 26 décembre 2011

Train Special Express – Bangkok / Chiang Maï, le 25 décembre, 4h





Certains signes ne trompent pas, et notre capacité à nous endormir dans la rue, dans un taxi pendant la course, ou à peine montés dans le train, quitte à se réveiller au milieu de la nuit ensuite, montre bien que nous sommes fatigués. C'est vrai pour nous tous, et surtout pour Séverine qui doit supporter le fardeau de l'organisation de tous ces bagages qui nous encombrent.
Notre alimentation est erratique, au gré des soupes ou assiettes de riz que nous picorons sur un trottoir, sans beaucoup d’appétit, malgré le plaisir que nous y prenons.
Sans doute Bangkok est-elle pour beaucoup dans cet état de fatigue, car après ce long voyage de 27 heures, nous avons trouvé une ville grouillante, pétaradante et polluée. Certes, nous n'avons pas pris le temps de nous poser, ce que nous espérons faire à Chiang Maï; à peine levés, nous avons filé vers Kao San Road, « la rue des routards ». On la trouve dans toutes les capitales parcourues par les travellers. S'y trouvent les agences de voyages, les bars trendies, les musiques actuelles, les salons de massages, les agents de change, les marchands de souvenirs locaux, ici les imitations en tout genre, et bien sur, la faune des backpackers. Ça permet de prendre le pouls et de trouver en seul endroit une foule d'informations. En nous éloignant un peu, nous pûmes trouver une petite cantine de rue ou partager quelques plats avec les employés du coin. Cela nous permit de connaître facilement les numéros des bus qui nous permettraient de nous rendre au marché de Chatuchak. Il est décrit comme l'un des plus grands et diversifié du monde par le Lonely Planet. Et c'est sans doute vrai. On y trouve simplement de tout. Et bondé, évidemment. Mais finalement de peu d'intérêt pour de pauvres chalands n'ayant pas le souhait de dépenser un kopeck afin de ne pas s'alourdir déjà !
Sans doute était-ce une façon de rencontrer la démesure de cette ville, avant tout marchande, apparemment.
Ce soir là, nous trouvons un bon petit restaurant, chez Jenny, non loin de la guesthouse, où nous dégustons de merveilleuses soupe et plats de nouilles sautées. En les goûtant, nous nous rappelons que c'est précisément l'une des raisons qui a motivée notre choix pour venir ici. Sans parler de la profusion de fruits que l'on passe son temps à grignoter, au hasard des roulottes qui les proposent dans la rue : mangues, mangoustans, kakis, oranges, bananes, et j'en passe dont je ne connais pas le nom.

Un petit réveillon qui se termine par la livraison du Père Noël, quelques pacotilles qui ravissent essentiellement Hortense.
Et nous enchaînons par un réveil plutôt matinal avec l'ambition de nous rendre à Ban Baht, un quartier qui réunit les quelques artisans réalisant encore, selon un savoir faire traditionnel, les bols à aumône des moines.
Bien sur, c'est plus facile à dire qu'à faire quand on a pas encore ses repères dans la ville. Mais après quelques péripéties, nous finissons quand même par trouver un Tük tük qui nous y dépose. A 6 avec la poussette, on commence à y être vraiment serrés, mais ça passe encore.
Toujours est-il que le dimanche, c'est jour de repos et que nous resterons sur notre curiosité. Nous reprenons donc notre route en nous faufilant au hasard de petites ruelles, qui nous offrent un spectacle au moins aussi prenant. C'est tout un entrelacs où se trame la vie populaire de Bangkok, à ce qu'il nous semble. Là, dans ces venelles qui dépassent rarement deux mètres de larges, les familles vivent et travaillent ; parfois, nous tombons sur de petits marchés de quartier et, devant leur étal quasi vide, les marchandes nous regardent d'un air placide, avant de se raviser en posant leur regard sur la poussette.
Hortense avait raison de suggérer qu'à défaut de vrai bébé, on aurait pu essayer le coup avec un baigneur, tant il est vrai que la présence de Marguerite nous ouvre toutes les portes. Cela dit, nous avons beaucoup de chance d'avoir une petite fille facile, qui accepte de se laisser prendre dans d'autre bras que les nôtres, et qui a suffisamment d'appétit pour accepter toutes sortes de nourritures.

Ainsi, je pensais m'être perdu en cherchant la direction de Chinatown. Nous avions finalement piétiné dans des sortes de vide-greniers avant que je m'en remette à Saint Christophe. Alors que la troupe parcourait un magasin rempli de milliers de pochettes, je fus abordé par deux jeunes filles, sans doutes en pitié devant ce touriste aveuglé par sa carte. Quelle ne fut pas ma surprise quand elle m'expliquèrent que nous étions à l'entrée de Chinatown et qu'elles allaient nous guider vers le restaurant de mon choix plutôt que de se perdre dans des explications compliquées par un anglais plus que sommaire. Nous rentrons dans un Chinatown qui, comme il se doit, est encombré. Chaque parcelle de trottoir, même un dimanche est occupé par un vendeur, si bien que nous préférons la chaussée où nous sommes frolés par toute sorte de véhicules. Pour finir cette longue course (trois heures de marche), le restaurant est complet. En attendant, une marchande de beignets vapeur prend Marguerite et la fait manger.
Les autres n'y tiennent plus et nous terminons le contenu de sa marmite. Du coup, nous déclinons les places qui viennent de se libérer au restaurant et nous repartons. Les odeurs, le bruit et la cohue nous happent à nouveau. Les enfants sont ereintés et nous bifurquons pour prendre un taxi dans lequel nous nous entassons pour rentrer au Bamboo.
Il ne nous reste qu'une heure avant de repartir vers la gare. Nous quittons sans regret cette guesthouse au confort plus que sommaire. L'apréhension se tourne maintenant vers notre logement à Chiang Maï, loin d'être assuré après moultes vaines tentatives.

Après une rapide collation au restaurant de la gare, nous montons dans le train. Nous avosn pu changer nos billets pour trouver quatre places dans le même compartiment. A peine installé, Théodore est déjà endormi et les autres ne tardent pas.
Quant à moi, après plusieurs heures de veille au petit matin, je serais réveillé quinze minutes avant l'arrivée à Chiang Maï.