mercredi 4 janvier 2012

Vers Luang Prabang, sur le Mae Kong

Luang Prabang, le 4 janvier























Après une nuit correcte passée à Huay Xay, nous embarquons sur l'un des "slow boats", amarrés à quelques centaines de mètres du village. Bien entendu, le nombre de voyageurs dépasse largement le nombre de places assises. Une bonne heure sera nécessaire pour que les organisateurs acceptent d'affréter un nouveau bateau; et nous voilà partis, assis sur des sièges de mini-bus récupérés, bercés par le bruit du moteur, assez lancinant.

Cependant, nous avons tout lieu de nous réjouir de ce choix. Ces deux jours de navigation s'annoncent propices à une belle contemplation de la vie du Mékong : entre les pécheurs qui posent leurs filets, les familles qui se sont installés provisoirement sur les rives pour profiter de la fertilité des terres laissées à découvert par la décrue du fleuve. 



A vue d'oeil, la crue provoque une montée de plus de quatre mètres,sur plus de trois cents mètres en moyenne. Le courant est vif, et nous filons 9-10 noeuds. Je ne me risquerais pas à barrer le bateau sur lequel  nous sommes. D'une bonne quarantaine de mètres, le bateau, comme tous ici, ont un fond plat et un arbre à hélice presque horizontal, afin d'éviter les innombrables cailloux et bancs de sables qui parsèment le fleuve. Nous découvrirons à nos dépends cette réalité, quand, après avoir laissé quelqu'un sur le la rive, le pilote remet les gaz et bloque son arbre d'hélice dans des roches à fleur d'eau. Il faudra plus d'une heure pour "réparer" cette bévue, qui ne semble par ailleurs paniquer personne; au moins en apparence. L'arbre est démonté rapidement, et transporter sur le rivage ou des hommes s'occupent à le détordre entre deux rochers. Le safran, qui a souffert lui aussi, est repris par de gros coups de masse. Nous repartirons enfin, avec une nouvelle appréhension : une navigation de nuit ! de fait, compte tenu de tous ces retards, nous arriverons à la lueur des étoiles, et plutôt fatigués.
Làs, la journée n'est pas finie puisqu'il nous faut trouver une guest house. Je ne veux pas trop m'éloigner du quai pour ne pas avoir à porter les sacs trop longtemps au réveil. Mon choix se révélera catastrophique. 




Les chambres ont l'air propres et sont dotées d'une salle d'eau privative. Pour le prix, je ne dois pas demander mieux. Mais dans ma précipitation, j'oublie la première règle : toujours tester les lits en arrivant quelque part. Et là, nous sommes servis : ce ne sont plus des matelas, mais des alignements de ressorts qui grincent et vous  transpercent le corps. Mais pour le prix, c'est trop cher payé, et pour la première fois du séjour, je fais part de ma mauvaise humeur à la propriétaire en l'obligeant à s'asseoir sur son lit.
Les aléas; one day you win, one day you loose...


































Day 2 ! Le bateau sur lequel nous embarquons est plus grand, et surtout plus confortable : les sièges semblent provenir d'anciens bus et s'inclinent très largement et surtout, une porte nous isole du moteur. Cela ne m'empêche pas de penser aux locaux qui, eux ont des places réservées juste à coté du moteur. Une journée dans ces conditions, c'est l'enfer et il faut être rudement patient pour pouvoir le supporter. Edgar ne manquera pas de me faire remarquer cette femme qui a voyagé avec son nourrisson, qui n'a pas bronché...

Nous poursuivons toute la journée cette lente descente du fleuve, dominés de part et d'autre de la rive de hautes collines uniformément vertes;
Cette jungle a l'air impénétrable tant le lascis de lianes et d'autres végétaux qui enserrent les arbres la rendent touffue et opaque. Pourtant, nous observons régulièrement des bûcherons qui ramènent sur la rive de beaux troncs d'une grume rouge... Ils les transportent ensuite sur des barges prévues à cet effet.









Parfois, l'atmosphère se fait plus studieuse. Surtout pour Edgar, qui me reproche chaque jour de ne pas lui avoir fait découvrir plus tôt le Comte de Monté Christo, dans lequel il s'est plongé avec une voracité qu'on ne lui avait jamais connu. Théodore, quant à lui, est d'une humeur plus changeante, liée en particulier à son aversion pour les moustiques, qui le lui rendent bien. Hortense a fort à faire avec ses deux frères qui ne la ménage pas. Elle s'occupe bien de Marguerite et même si son humeur n'est pas égale, supporte très bien les conditions un peu spartiates que nous lui imposons. Il y a bien sur beaucoup plus à dire, mais je laisse à Séverine le soin de prendre la plume pour rentrer dans ces détails





Nous terminons notre journée sous la lumière chaude du soir, nous posant tranquillement devant l'embarcadère de Luang Prabang. La maison d'hôtes que j'ai réservée se situe à quelques centaines de mètres seulement. Elle jouxte le musée national qui se trouve dans l'ancien palais royal. Nous sommes dans le centre sur cette presqu'île qui rassemble tous les restes de l'ancienne architecture coloniale et royale. Un ensemble désormais préservé sous le patronage de l'Unesco. D'emblée, nous nous y sentons bien. 



Posted by Picasa