dimanche 29 janvier 2012

Angkor Vat 1



Siem Reap, Green Garden Hotel, le 29 janvier










Notre séjour cambodgien touche à sa fin. Ce soir nous remballons nos affaires pour une dernière longue journée de voyage; direction Koh Chang, Thaïlande. Nous jouissons aujourd'hui de ne pas avoir d'emploi du temps, d'une piscine à la température très agréable et des nombreuses sollicitations qu'offre Siem Reap, une ville en plein développement, essentiellement du à une fréquentation touristique massive.


J'hésite à reprendre par le menu détail ces trois journées de visites des temples d'Angkor, n'ayant pas eu la force ni le courage de tenir à jour mon carnet pour reprendre des notes qui me seraient bien utiles maintenant. Je l'avais déjà souligné précédemment, mais il importe de le rappeler : le site est immense, parsemé de temples. Ils sont les seuls édifices encore visibles d'une cité qui fut le coeur du grand royaume des Khmers. Il connut une prospérité erratique, entre le IXème et le XVème siècle, marquée par de grands rois, qui tous, voulurent laisser à la postérité, des témoignages de leur puissances : les temples ! Le plus grand d'entre eux, celui d'Angkor, est le plus grand du monde. Mais les circuits les plus courus, comportent au moins une quinzaine de visites qui toutes, concernent des édifices remarquables. 

C'est à ce moment qu'il me faut choisir : effectuer une description sommaire de tous ceux que nous avons parcourus, ou bien m'en tenir aux impressions que nous en garderons; peut-être...
Je me tiens à la disposition de chacun pour une discussion plus approfondie des différents styles architecturaux, des significations de tel ou tel écriture ou sculpture; et je renvoie à la littérature, très très riche qui éclairera le lecteur intéressé. 

Très en deçà de la visite culturelle, les trois jours que nous avons passés à arpenter une petite partie de cet ensemble laisserons une empreinte durable sur nos rétines et dans nos mémoires. Elle composée de plusieurs facettes qui revêtent une importance variable selon l'intérêt et la sensibilité de chacun. L'immensité pourrait être la première d'entre elle, tant il est difficile de prendre la mesure de cet ensemble, dispersé dans une végétation luxuriante. A sa redécouverte, au début du XXème siècle, la nature avait déjà largement repris le dessus sur les batiments, et le premier effort consiste à contenir son avancée. Une armée de techniciens de surface veille donc à tenir propre les voies de circulation empruntées par les armadas de tuk tuk et de cars remplis de touristes. Cette végétation participe essentiellement au caractère de l'ensemble; et nous avons repensé à Hampi, en Inde, dont la particularité, est que cette vaste cité est entièrement minérale, sans beaucoup d'ombres pour se protéger.
Ici, les arbres sont partout, y compris dans les murs et les enceintes des temples. Tha Phrom est plus exemplaire à cet égard, avec ces arbres immenses qui traversent les murs, les enserrant dans une toile de racines dont on peine à imaginer qu'ils puissent un jour s'extraire. 
Pour cette raison, si je devais choisir un moment pour une nouvelle visite, je me laisserais tenter par la fin de la mousson ou juste après, quand la palette des verts est la plus soutenue, quand l'eau inonde tout et suinte, dégouline, quand, enfin, les groupes de touristes sont les moins nombreux.

Les chinois, vietnamiens, thailandais ont l'air d'être les plus nombreux. On croise aussi beaucoup de russes, sans doute autant que de français ou d'anglo-saxons C'est phénoménal. Des guides portent des petits fanions, qui sont suivis de très près par les troupeaux portant casquettes rose fluo, ou jaune, ou toute autre couleur bien visible. Les appareils photo servent à tout bout de champ, au sens photographique littéral, et surtout pour des portraits, qui se doivent d'être pris à l'endroit où l'on reconnaîtra le mieux le temple visité. 
On ne peut s'empêcher d'être effrayé par cette masse, relativement compacte, qui nous rappelle exactement ce que nous fuyons au Mont Saint Michel. Heureusement, ce flot se déroule sur une piste balisée dont peu s'écartent. Nous pouvons ainsi marcher paisiblement dans et autour des temples dans des conditions tout à fait satisfaisantes.




Au delà de toutes considérations, c'est la profusion de pierre et d'édifices qui restera comme la facette la plus marquante : je n'ai pas cessé de m'épouvanter de tous ces tas de pierres rassemblés ou pas, mis en ordre rarement, qui jonchent le sol sur presque chaque site. Evidemment, ce sont les plus préservés qui sont les plus visités, mais ceux là ne sont pas, à notre avis, les plus charmants. Les promenades que nous avons le plus appréciées sont incontestablement celles pendant lesquelles nous avons parcouru des temples à moitié effondrés, enchevêtrés dans la végétation. On marche sur des pierres sculptées, on les prend dans ces mains, sachant que nous participons par ce geste à la dégradation de l'ensemble. La restauration de l'ensemble est une tâche qui me semble surhumaine. Sans doute des cordes baliseront le chemin, bientôt, pour empêcher tout écart de conduite. Mais combien de pierres auront disparu d'ici là ? est-ce que la perspective d'une amende fait vraiment peur, quand on peut en ramasser si facilement ?






Quand le travail des architectes sera fini, celui des archéologues pourra commencer : car toute la ville recèle sous son sol, des traces de ce passé magnifique. Il faudra le quadriller, et creuser à la petite cuillère ou au pinceau... Je ne sais pas. Tout ça me semble tellement titanesque.




















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