lundi 23 janvier 2012

Au contact du Mékong, last day in Laos



Mekong RiverInn, 23 janvier 16h


Entre 16h et 16h30, la lumière devient plus chaude, la température moins brulante, les sons comme assourdis. Dans deux heures, le soleil sera couché. C'est sans conteste le moment de la journée le plus agréable. Et c'est le dernier que nous passons au Laos. Demain matin, les sacs à dos seront à nouveau fermés, nous reprendrons une barque pour traverser le fleuve afin de sauter dans un bus qui nous déposera à la frontière du Kamputchéa.

Hier, nous avons affrêté une bateau pour rejoindre Dong Dêt et Dong Kone. Pendant deux heures, nous longeons les côtes de plusieurs iles. Cette longue balade nous offre l'occasion d'observer la vie des habitants qui peuplent ces berges : le niveau du fleuve baisse encore, mais on distingue aisément le niveau le plus haut, qui correspond peu ou prou à celui sur lequel sont plantées les fondations des pilotis qui supportent les maisons faites de bois et de bambou. A cette époque, chacun dispose de la parcelle laissée vacante par la décrue pour aménager un potager en terrasse, qu'on devine très fertile. En bas, les barques sont souvent retenues par des perches de bambou piquées dans le sol meuble. Parfois, nous apercevons un homme ou une femme qui entretient son filet ; sur l'eau, même si les pêcheurs sont le plus souvent les hommes, il n'est pas rare de distinguer la jupe d'une femme ou les traits d'un enfant. L'eau est délicieuse, et l'on comprend pourquoi les enfants comme les buffles aiment à s'y ébattre longuement. De loin en loin, un temple (Vhat) jette ses couleurs chatoyantes sur le rivage, quand ce ne sont pas les moines qui tâchent la terre rouge de leur robe safran.









Puis, nous finissons par accoster dans le paradis des backpackers au Laos. Des petits bungalows sont disposés le long de la rive. Ces guest houses fontionnent comme des camping, avec les sanitaires au fond du jardin, en retrait. Chacun dispose d'un hamac, dans lequel on se prélasse, en lisant, ou en récupérant des excès de la veille. Là, plus de routes, mais des chemins en terre et une ambiance définitivement plus relaxe, avec les travers que l'on observe souvent là où se concentre ce genre de tourisme. Un peu comme à Goa, Kovalam ou Varkala en Inde : d'un seul coup, on prend des libertés par rapport à la culture locale. Du fait d'un niveau légèrement supérieur en termes de prestations, l'ile où nous nous trouvons est finalement plus « authentique ». Par ailleurs, nous constatons une concentration importante de travellers, alors qu'il n'y a presque personne sur Dong Khong.





Notre exploration sera pourtant très succinte et je ne pourrais me prononcer catégoriquement. Du fait dela chaleur, nous nous arrêtons bientôt dans une gargote. Et quelle n'est pas notre surprise lorsque nous voyons venir à nous Lolo, une copine de Saint Malo. Elle savait par d'autres voyageurs avec qui nous avions fait un petit bout de chemin, que nous étions dans les parages, et nous de même. Mais il aura fallu attendre la toute fin de notre séjour pour que le « hasard » provoque cette rencontre sur une île minuscule. Evidemment, nous passons le temps restant à discuter autour d'une bonne table. Cette rencontre valait bien, à elle seule, cette promenade.










La remontée du Mékong sera plus laborieuse, compte tenu du courant, parfois assez impressionnant. Les fonds sont toujours aussi dangereux et la plupart des passagers que nous croisons sur d'autres bateaux sont corsetés dans 


des gilets de sauvetage ; je reste sur mes gardes pour parer à toute éventualité. Il suffirait de la moindre panne de moteur à certains passages de rapides pour que le frêle esquif se retourne immédiatement. Les enfants s'amusent d'un rien, et Marguerite finit par s'endormir dans la poussette, dont nous nous demandons encore jusqu'où elle tiendra.

Nous savourons chaque instant, sans impatience. C'est notre privilège aujourd'hui d'avoir beaucoup de difficultés à nous repérer dans le temps. Et il est significatif que la proximité de notre départ soit l'unique raison qui nous force à compter les jours. Je le fais sans joie.
On réalise souvent la qualité d'un lieu lorsqu'on l'a quitté. Ce ne sera pas nécessaire pour le Laos, où nous nous sommes vraiment épanouis ; où nous avons gouté la gentillesse et la simplicité de la population ; qui nous aura à jamais marqué par le splendeur du Mékong.

Nous ne pouvions d'ailleurs pas le quitter sans nous donner l'occasion d'un plongeon dans ces eaux un peu troubles. De la même façon qu'il importe pour nous de nous baigner à Saint Malo pour avoir un rapport physique avec la mer, nous nous sommes jetés à l'eau cet après midi. L'eau frise certainement les 25°, le courant est fort, au loin des pecheurs nous regardent et semblent apprécier notre baignade.



















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1 commentaire:

  1. whooaa!
    Vos chemins se sont croisés. Avec Lolo. Ainsi va la vie des voyageurs. Ce qui doit se vivre, vient à nous.Très naturellement. Sans forçage. Sans convenance sociale.Le voyage nous permet, par un cheminement pas toujours de tout repos, de détricoter toutes ses ramifications, tous ces codes pesants de notre monde européen. En deux mots: il nous permet de nous alléger tout en prenant de l'ampleur. De la force, grâce à une conscience éveillé, bienveillante et lucide de tous ces mondes et ses êtres que nous partons, un jour, rencontrer!
    C'est un grand bonheur de vous imaginer, réunis, sur le Mekong!
    En attendant vos retours respectifs et vos contes en devenir, je continue de voyager avec mon mental! C'est tout ce que j'ai en ce moment et c'est déjà énorme!
    Je pense a vous. Très fort.
    Marion
    P.S "Mais les grands voyageurs sont ceux la seuls qui partent pour partir.
    Le coeur léger,de leur fatalité jamais ils ne s'écartent et sans savoir pourquoi, disent toujours allons". Charles Baudelaire

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